À moins d’un mois de la clôture du mercato, Foot d’Infographies a soumis les meilleurs joueurs libres du marché à la même grille statistique afin de composer un onze et déterminer, chiffres à l’appui, quel type de club conviendrait à chacun.
Depuis le 1er juillet, plusieurs gros noms dont le contrat est arrivé à échéance ont trouvé un point de chute : Mohamed Salah a paraphé jeudi dernier un contrat de deux ans à Trabzonspor, Ibrahima Konaté et Bernardo Silva ont rejoint le Real Madrid, John Stones s’est engagé à l’Inter Milan, Andy Robertson à Tottenham et Robert Lewandowski a filé au Chicago Fire. D’autres ont finalement prolongé : Paulo Dybala a rempilé à l’AS Roma le 13 juillet, quand Mathew Ryan, un des rares gardiens de renom en fin de contrat en juin dernier, a finalement resigné à Levante.
À un peu plus de trois semaines de la clôture du mercato dans les championnats européens, Foot d’Infographies passe en revue les profils qui restent encore libres de s’engager où ils le souhaitent. Ces derniers sont passés dans la moulinette des données pour construire un onze et le type d’équipe qui leur correspondraient.
Un 4-3-3 bâti sur ce que le marché offre encore

Notre onze s’articule en 4-3-3. Derrière, Dani Carvajal et Raphaël Guerreiro occupent les couloirs, David Alaba et Diogo Leite l’axe. Au milieu, Thomas Partey tient la sentinelle, flanqué de Dani Parejo et Leon Goretzka. Devant, Bertrand Traoré et Jadon Sancho animent les ailes et encadrent Dušan Vlahović. Côté gardien de but, les options possibles s’étant réduites (Meslier, Vozinha, Ryan ont signé), c’est le méconnu Steven Benda qui fait figure de dernier rempart, nous y reviendrons.
Steven Benda, un gardien libéro « à l’allemande »

Passé par Heidenheim et Munich 1860, Steven Benda a débuté sa carrière à Swansea en 2018. L’Allemand de 27 ans a été libéré par Fulham à l’issue d’une saison 2025-2026 découpée entre un prêt à Millwall (Championship), où il a disputé neuf rencontres, et un passage anecdotique aux Pays-Bas, au Feyenoord Rotterdam.
Ses chiffres décrivent un type de gardien libéro typique de la formation germanique. Sur ses neuf matchs de Championship, il affiche 1,11 action de libéro par 90 minutes, soit le 92e centile : il quitte sa surface plus souvent que neuf gardiens sur dix. C’est sa seule ligne forte, le reste plafonnant bas avec 1,80 arrêt par 90 (11e centile) et 57 % de tirs arrêtés (9e centile). Sa ligne statistique des buts évités[1] tombe à −1,6 ; cela signifie qu’il a concédé 1,6 but de plus qu’un gardien moyen face aux mêmes frappes.
Le club qui lui conviendrait défend haut et laisse un grand espace dans son dos, où sa propension à sortir devient un atout. À condition qu’il ne subisse pas trop de tirs.
Dani Carvajal, créateur d’opportunités

Treize saisons au Real Madrid, un passage par Leverkusen entre-temps, une armoire à trophées que peu de latéraux droits peuvent revendiquer. À 34 ans, Carvajal quitte le Bernabéu après une saison à 965 minutes de Liga, soit 28 % du temps de jeu disponible.
Ce qui subsiste, c’est sa contribution à la création. Son total de 1,99 xA, soit la somme des passes décisives attendues qu’il a produites, donne 0,19 par 90 minutes, un rendement que beaucoup de milieux offensifs n’affichent pas. Et ses 0,37 possession dans le dernier tiers par 90 minutes le situent au 80e centile des joueurs de son poste en Liga. Il monte beaucoup et il est efficace pour récupérer haut.
Le revers de la médaille, c’est sa production défensive. Avec 2,77 duels remportés par 90 minutes, il figure au 6e centile de son championnat. Sa progression balle au pied s’est éteinte elle aussi, avec 24 portées progressives[2] qui le classent 290e sur 378 latéraux des cinq grands championnats européens. Un joueur qui a conservé son intelligence de jeu, mais a perdu son assise physique.
Cependant, une équipe qui domine le ballon et défend rarement dans sa surface peut encore en tirer beaucoup.
David Alaba, un pari sur sa capacité physique

Dix ans au Bayern, puis cinq saisons madrilènes qui se terminent sur une note bien plus triste. La rupture du ligament croisé de décembre 2023 a durablement pesé sur la trajectoire de l’Autrichien. Sa dernière campagne en dit long : 419 minutes de Liga, 12 % des minutes jouables de la saison, 38 minutes par apparition…
Ses 5,99 actions défensives par 90 le placent au 12e centile des défenseurs centraux de Liga, ses 2,57 duels remportés au 6e centile, et son indice de performance en un contre un défensif[3] le situe 107e sur 119 à son poste dans le championnat espagnol. Une seule ligne échappe au constat, celle des fautes, avec 0,21 par 90 minutes qui le place au 97e centile.
Le club qui le signerait pariera sur une préparation d’été complète et sur un statut de défenseur central complémentaire, apportant son vécu à un vestiaire.
Diogo Leite, la vraie bonne affaire de ce mercato

Formé au FC Porto avant de trouver son écrin à l’Union Berlin, où il s’est imposé depuis 2022, le Portugais de 27 ans est le seul de cette liste dont les données ne souffrent d’aucune réserve. Il a disputé 1 998 minutes de Bundesliga, soit 65 % de la saison.
Sa ligne la plus spectaculaire est son indice de performance en un contre un défensif. Elle atteint 95,8 et le classe 25e sur 588 défenseurs centraux des cinq grands championnats, soit dans les 4 % supérieurs du continent à son poste. Ce chiffre n’a rien d’un accident isolé, puisqu’il s’accompagne de 10,51 actions défensives par 90 minutes (75e centile de Bundesliga) et de 5,76 duels remportés par 90 (74e centile).
Sa limite se situe à la relance, avec 38 portées progressives sur la saison, un total qui le renvoie au 331e rang sur 588. Il défend beaucoup mieux qu’il ne fait avancer le ballon.
N’importe quel club des cinq grands championnats devrait s’y intéresser, particulièrement ceux qui lui adjoindraient un relanceur capable de compenser ce déficit de progression.
Raphaël Guerreiro, le latéral polyvalent

Natif du Blanc-Mesnil, révélé à Lorient, figure durant sept saisons du Borussia Dortmund avant d’effectuer trois saisons au Bayern Munich, Guerreiro a construit sa carrière sur une ambiguïté de poste que ses chiffres viennent trancher.
Sur 779 minutes de Bundesliga, il a inscrit cinq buts pour 3,53 buts attendus. Son xG par 90 atteint 0,41, une valeur d’attaquant. Ses 5,28 touches dans la surface adverse par 90 minutes le placent au 80e centile de son championnat. Et son xGChain, qui mesure son implication dans les séquences débouchant sur un tir, culmine à 1,04 par 90 : c’est la valeur la plus élevée de tout notre onze !
Le revers est brutal. Avec 1,61 duel remporté par 90 minutes, le Portugais se situe au 0e centile de son pool de comparaison. Pour ainsi dire aucun latéral de Bundesliga n’a fait moins bien. Ses 1,95 action défensive par 90 (23e centile) confirment que la fonction défensive de son poste a pratiquement disparu de son jeu.
Une équipe qui l’alignerait un cran plus haut devant un vrai latéral ou au milieu de terrain récupérerait un créateur de premier ordre.
Thomas Partey, une doublure de qualité

L’ancien pilier de l’Atlético puis d’Arsenal a rejoint Villarreal pour une saison où il a beaucoup joué sans beaucoup débuter : 26 apparitions pour 892 minutes, soit 34 minutes par match. Le Ghanéen de 33 ans était le joker de Marcelino.
Rapporté aux 90 minutes, son rendement défensif reste bon. Ses 5,36 récupérations le placent au 80e centile des milieux de Liga et ses 5,27 actions défensives au 72e. Le reste est un peu plus terne. Ses 40 portées progressives le situent 298e sur 517 milieux défensifs des cinq championnats majeurs, et son indice en un contre un défensif (63) le renvoie au 84e rang sur 113 en Liga. Il récupère bien, mais ne fait pas avancer le jeu et il domine moins ses duels.
C’est le profil du milieu de rotation qui peut intéresser des clubs engagés sur trois tableaux.
Leon Goretzka, le dossier le moins discutable

Passé de Bochum à Schalke puis au Bayern depuis 2018, l’Allemand quitte Munich à 31 ans après huit saisons. Il est, avec Diogo Leite, l’un des deux seuls joueurs de cette liste à avoir dépassé les 2 000 minutes de championnat, avec 66 % du temps de jeu possible.
Son apport se lit d’abord dans la construction. Son xGBuildup atteint 0,63 par 90 minutes, la valeur la plus élevée de notre onze : les séquences auxquelles il participe en amont du dernier passeur, sans qu’il tire ni délivre la dernière passe, génèrent énormément d’occasions de but. Ses 80 portées progressives sur la saison le placent 111e sur 517 milieux des cinq grands championnats et son indice en un contre un offensif (72) le situe au 70e rang du même pool. Il y ajoute cinq buts et trois passes décisives en Bundesliga.
Un club cherchant un milieu capable de porter le ballon depuis sa propre moitié de terrain trouvera peu de profils équivalents disponibles gratuitement cet été.
Dani Parejo, un relanceur bas

Capitaine de Valence pendant huit ans puis pièce maîtresse du Villarreal vainqueur de la Ligue Europa en 2021, l’Espagnol part à 37 ans après six saisons au Estadio de la Cerámica. Avec 1 474 minutes, il est le troisième joueur le plus utilisé de notre onze en 2025/2026.
Son influence sur le jeu reste réelle : 0,38 d’xGBuildup par 90 et 1,77 passe décisive attendue sur la saison. Ce dernier chiffre mérite qu’on s’y arrête, puisqu’il n’a délivré aucune passe décisive. Les occasions qu’il a créées n’ont jamais été converties, ce qui en dit davantage sur l’attaque de Villarreal que sur lui.
En revanche, ses possessions dans le dernier tiers plafonnent à 0,06 par 90 minutes, soit le 9e centile de la Liga à son poste, et ses touches dans la surface adverse à 0,26 par 90, soit le 6e centile. Il ne monte pas, il oriente le jeu depuis une position basse.
Le club qui lui convient construit patiemment depuis l’arrière et cherche un meneur en jeu devant sa défense, associé à un profil plus défensif.
Bertrand Traoré, une doublure honnête sur l’aile

Formé à Chelsea, passé par l’Ajax, Lyon et Aston Villa avant un retour à Amsterdam puis une saison à Sunderland, le Burkinabè de 30 ans a beaucoup voyagé. Sa dernière campagne de Premier League s’est limitée à 675 minutes en douze apparitions, le deuxième volume le plus faible de notre onze.
Son relevé offensif est modeste, avec 0,13 xA par 90 minutes et un seul but inscrit. Là où il surprend, c’est dans le combat : ses 5,92 duels remportés par 90 le placent au 76e centile des joueurs de son poste en Premier League, un rendement que peu d’ailiers atteignent.
Ses récupérations plafonnent à 2,54 par 90 (5e centile) : il gagne ses duels sans reprendre le ballon pour son équipe très souvent. Et ses 1,55 faute par 90 le situent au 19e centile. Il défend en cassant le jeu adverse, pas en récupérant le cuir.
Un club cherchant une doublure fiable sur son aile droite, sans lui demander de porter l’attaque et d’être un monstre de pressing efficace, ferait une opération raisonnable.
Jadon Sancho, un créateur qui ne défend pas

Sa trajectoire laisse circonspect : parti de Manchester City pour s’imposer à Dortmund à 17 ans, revenu à Manchester United en 2021, puis promené entre un retour en Westphalie, un prêt à Chelsea et une saison à Aston Villa. À 26 ans, il est avec Vlahović le plus jeune de cette liste et celui dont la carrière peut encore basculer dans les deux sens.
Sur 860 minutes de Premier League en 2025/2026, il affiche 0,21 xA par 90, le deuxième meilleur total de notre onze derrière Guerreiro. Ses 5,77 touches dans la surface adverse par 90 le placent au 82e centile de son championnat. Sa qualité de dernière passe est intacte.
Néanmoins, avec aucun but inscrit pour 0,77 xG, sa finition apparaît en berne sur un volume d’occasions déjà faible. Son apport défensif est, lui, quasi nul, avec 2,89 duels remportés par 90 (8e centile) et 0,31 possession dans le dernier tiers (12e centile). Sancho ne participe pas au pressing.
Le club qui l’accueillera doit compenser ailleurs, avec un latéral qui couvre derrière lui et un milieu qui double la zone. Et espérer qu’il retrouve l’efficacité devant le but.
Dušan Vlahović, le finisseur pur

Révélé à la Fiorentina puis transféré à la Juventus en janvier 2022 pour un montant considérable, le Serbe de 26 ans quitte Turin après quatre saisons et demie en dents de scie. Sa dernière campagne se résume à 972 minutes de Serie A, 28 % du temps disponible, pour sept buts.
Son xG par 90 atteint 0,70, ce qui le place parmi les meilleurs avant-centres. Ses 7,89 touches dans la surface adverse par 90 (94e centile de la Serie A) et ses sept buts pour 6,78 buts attendus hors penalty décrivent un finisseur juste, à défaut d’un joueur en état de grâce.
Le contrepoint est net, puisque son xGBuildup ne dépasse pas 0,15 par 90, le plus bas du groupe. Il ne participe pas à la construction, il attend dans la surface et il convertit. Ses 0,74 récupération par 90 (2e centile) confirment qu’il ne participe pas davantage au travail défensif.
C’est un avant-centre à alimenter, pas un point d’appui. Une équipe capable de créer beaucoup d’occasions en tirera un rendement immédiat. Celle qui compte sur son buteur pour faire remonter le bloc fera un mauvais casting.
Rendez-vous le 1er septembre pour savoir lesquels auront trouvé preneur !
1 — Buts évités (Goals Prevented) : différence entre les buts encaissés par un gardien et les buts attendus des tirs cadrés qu’il a affrontés. Une valeur négative signifie qu’il a encaissé plus qu’un gardien moyen face aux mêmes frappes.
2 — Portées progressives : conduites de balle qui font significativement avancer le ballon vers le but adverse. Le classement de one-versus-one.com porte sur les totaux de la saison, poste par poste, à l’échelle des cinq grands championnats européens.
3 — Indice de performance en un contre un : algorithme de one-versus-one.com agrégeant dix valeurs pour le versant défensif (pertes de balle critiques, dégagements, récupérations selon les zones) et onze pour le versant offensif.


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