Zinédine Zidane souriant, tenant le trophée de la Ligue des champions après la victoire du Real Madrid en finale 2018 à Kiev, avec une superposition graphique verte : loupe contenant un mini graphique en barres, mention "Scouting Tactique" en police monospace et motif de viseur en arrière-plan.

Zinédine Zidane est le nouveau sélectionneur des Bleus, avec une première liste attendue en septembre pour la Ligue des Nations. Avant de connaître les noms, nous pouvons déjà objectiver les profils qu’elle devrait privilégier à partir de ce que ses deux mandats au Real Madrid disent, chiffres à l’appui, de sa philosophie de jeu. Décryptage en deux temps : le système Zidane d’abord, puis les Bleus qui lui correspondent le mieux.

Mise à jour — 18 septembre 2026 : la première liste de Zinédine Zidane est tombée ! Nos intouchables tiennent pour 4 sur 5 d’entre eux, nos perdants potentiels sont tous absents. Cependant, notre intouchable n°1 n’est pas dans le groupe. Le bilan complet en fin d’article.

Le suspense était absent, mais la nouvelle est officialisée depuis deux jours ! Zinédine Zidane est le nouveau sélectionneur de l’équipe de France, succédant à Didier Deschamps. Pendant que certains ont peiné à trouver le bon profil (coucou l’Italie !), la FFF a fait le choix de placer l’homme aux 108 sélections en Bleu et aux trois Ligues des Champions (plus deux championnats d’Espagne) avec le Real Madrid.

De cette période à la tête de la Casa Blanca, essayons de définir ce que pourrait être la tactique de la France durant cette nouvelle ère. À la lueur de cette analyse, nous pourrons nous prêter au jeu de savoir qui pourraient faire partie des nouveaux visages des Bleus à compter de septembre prochain et intégrer la première liste de Zidane !

Le système Zidane : que disent les chiffres ?

Une identité héritée, puis affinée

Le « jeu Zidane » ne sort pas de nulle part lorsqu’il prend les rênes du Real Madrid la première fois, en janvier 2016. Succédant à Rafael Benítez, il revient à une structure déjà bien connue du Bernabéu : un 4-3-3 équilibré, avec Kroos repositionné en relayeur profond et Modrić réinstallé à ses côtés. Un héritage assumé de l’ère Ancelotti, que Benítez avait tenté, sans succès, de bousculer. Ce choix de continuité plutôt que de rupture est resté une constante de ses deux mandats. Zidane s’est largement appuyé sur ce 4-3-3 « tout au long de sa carrière d’entraîneur du Real Madrid », comme le résume The Mastermind Site dans son analyse tactique de la saison 2020-21.

Cependant, parler de système fixe serait trompeur. Zidane lui-même a résumé sa philosophie en une phrase, rapportée par Breaking The Lines. Il voulait voir son équipe « construire depuis l’arrière et conserver le ballon ». Un principe de base qu’il n’a jamais érigé comme un dogme, à l’instar d’un Pep Guardiola. Interrogé des années plus tard sur le record de passes du FC Barcelone de Xavi, il expliquait ne pas être certain que « le Bernabéu apprécierait de voir 1 000 passes » dans un match. Cette remarque en dit long sur son rapport à la possession. Il s’agit d’un moyen, sans être une fin en soi.

Cette flexibilité s’observe concrètement dans ses choix en cours de match. Dès sa première saison pleine, il n’hésite pas à bousculer son propre onze pour s’adapter à l’adversaire. Contre le Bayern en quart de finale aller de Ligue des Champions, il fait descendre Bale au milieu à la mi-temps (mené 1-0) afin d’aligner Ronaldo aux côtés de Benzema, ce qui porte ses fruits puisque son équipe renverse la situation et s’impose 2-1 ; quelques semaines plus tôt, ZZ aligne un 4-4-1-1 inhabituel face à l’Atlético qui a parfaitement fonctionné, menant au 39e triplé en carrière de CR7.

Le même pragmatisme se retrouve cinq ans plus tard, lors de la demi-finale aller face à Chelsea (2020-21). Breaking The Lines documente comment Zidane fait reculer son trio Casemiro-Modrić-Kroos en seconde période pour étouffer le milieu londonien, après une entame de match beaucoup trop haute et perméable. Au cours de ses deux mandats, Zidane aura donc eu à cœur d’ajuster sa mécanique plutôt que d’imposer un plan figé.

Cette approche s’accompagne d’une gestion humaine souvent citée comme l’autre pilier de sa méthode. Son ancien mentor à la Castilla, Guy Lacombe, parlait déjà chez lui d’un « sens du collectif » avant même ses débuts sur le banc pro. Sa philosophie qualitative — équilibre structurel, pragmatisme tactique, management par la confiance — se laisse assez bien objectiver par les données collectées sur les quatre saisons pleines de ses deux mandats.

Ce que montrent les données collectives

Infographie comparant les statistiques collectives du Real Madrid lors des deux mandats de Zinédine Zidane : points, xG, xGA, PPDA et possession pour les saisons 2016-17, 2017-18, 2019-20 et 2020-21, avec les deux titres de champion signalés.
Quatre saisons pleines, deux identités : plus de possession et moins de pressing en fin de second mandat.

Sur la possession, la progression continue de 56,1 % à 62,3 % en Liga confirme la tendance décrite précédemment. Le PPDA1 raconte une histoire plus intéressante que la possession seule. Il reste remarquablement stable sur les trois premières saisons observées (9,14 puis 8,91 puis 8,92) — la marque d’un pressing coordonné et maintenu dans le temps. Puis il grimpe nettement en 2020-21 (10,14), marquant sa saison la moins agressive des quatre sur le plan du pressing. Ce relâchement coïncide avec ce que The Mastermind Site documente. Cette saison-là, Zidane doit composer avec les blessures à répétition de Ramos et Carvajal et s’appuie sur un trio de milieu affichant une moyenne d’âge de 32 ans. Son équipe gère donc davantage son effort qu’elle ne le maximise sur 38 journées.

L’écart xG/xGA2 dessine, lui, une véritable rupture entre les deux mandats. Le premier (2016-2018) carbure à l’attaque pure : 90,87 puis 91,29 xG sur la saison, des totaux jamais retrouvés ensuite. Le second (2019-2021) assume un profil beaucoup plus mesuré offensivement, mais compense par une rigueur défensive inédite : la saison 2019-20 affiche le meilleur xGA des quatre échantillons (33,15). Le sacre en Liga de 2019-20 est un titre construit sur la solidité plus que sur le feu d’artifice offensif qui avait caractérisé 2016-17.

Deux mandats, deux réalités individuelles

Cette bascule collective se retrouve au niveau des profils individuels.

D’abord, les latéraux changent de fonction. Sous le premier mandat, Marcelo n’est pas un simple complément défensif. Il totalise 7,6 passes décisives attendues (xA) en 2016-17 et 7,03 en 2017-18 — un volume de création digne d’un milieu offensif, cohérent avec ce que souligne Breaking The Lines sur le rôle des latéraux dans le dispositif Zidane, utilisés « pour étirer les défenses et libérer le trio offensif ». Carvajal n’est pas en reste puisque son xGBuildup3 grimpe à 14,83 en 2017-18, un total quasiment identique à celui de Kroos (15,11) cette saison-là.

Sous le second mandat, ce rôle créatif s’efface nettement côté gauche. Ferland Mendy ne pèse plus que 2,39 en xA sur 2019-20, puis 0,9 seulement en 2020-21. Le couloir gauche est passé d’un profil auxiliaire offensif à un profil de solidité, avec les montées ponctuelles plutôt que la présence permanente. Carvajal, quand il est apte, conserve en revanche une implication dans la construction plus proche de son standard du premier mandat.

Au milieu, la hiérarchie se réorganise. Le trio Kroos-Casemiro-Modrić reste la colonne vertébrale des deux mandats, mais l’équilibre interne bouge. En 2020-21, Modrić devance légèrement Kroos en actions défensives par 90 (3,2 contre 3,1) — un basculement symbolique après des années où Kroos portait davantage le jeu long et la couverture de terrain. Federico Valverde, apparu en 2019-20 (1 897 minutes en Liga, 3,5 actions défensives/90), s’installe progressivement comme la solution de succession déjà amorcée avant même la fin du second mandat.

Enfin, le trio offensif gagne en flexibilité. Le premier mandat repose sur un front trois relativement stable, même si les données de minutes cumulées révèlent qu’Isco (5 295 minutes cumulées sur les deux saisons TCC) devance en réalité Bale (4 299 minutes) sur la période dite « BBC ». Le second mandat, lui, ne fixe jamais durablement l’aile droite : Rodrygo, Hazard, Asensio et Isco s’y relaient saison après saison sans qu’aucun ne s’impose comme titulaire indiscutable.

Ces évolutions se lisent de façon synthétique sur les deux compositions types reconstituées à partir des minutes cumulées (toutes compétitions confondues) de chaque mandat :

Quels profils clés dans le système Zidane ?

Au-delà des noms, quels types de joueurs le système Zidane recherche-t-il à chaque ligne ?

En défense

  • Une charnière à deux fonctions distinctes. Un premier défenseur-couvreur, rapide et sobre techniquement (Varane, présent dans les deux compos types, avec un xG cumulé qui ne dépasse jamais 2,73 sur une saison pleine — il ne participe quasiment pas au jeu offensif). Un second profil plus complet, capable de peser des deux côtés du terrain : Ramos culmine à 10,65 de xG en 2019-20 (dont l’essentiel sur penalty, NPxG 6,19) et reste, même blessé, l’option prioritaire dès qu’il est disponible.
  • Des latéraux dont l’exigence dépend du contexte d’effectif, mais dont la base est défensive avant d’être créative. Le potentiel offensif (façon Marcelo première période) est un plus, pas un prérequis : Mendy prouve qu’un profil beaucoup plus sobre offensivement (xA 0,9 en 2020-21) reste parfaitement employable dans le système, tant que la solidité défensive est acquise.

Au milieu de terrain

  • Une sentinelle unique, à la mission exclusivement défensive. Casemiro n’est jamais sorti du podium des actions défensives par 90 sur l’ensemble des huit combinaisons saison/compétition observées (de 5,1 en LDC 2019-20 à 10,3 en LDC 2016-17), tout en restant systématiquement le milieu le moins impliqué offensivement du trio (xG90 ne dépassant jamais 0,21, xA quasi nulle chaque saison). Son rôle à sens unique libère les deux autres.

  • Un profil de progression/construction, pas nécessairement le plus spectaculaire. Kroos porte presque chaque saison le xGBuildup le plus élevé du milieu (13,11 en 2016-17, 15,11 en 2017-18, 13,86 en 2019-20) — l’indicateur chiffré d’un joueur qui fait avancer le jeu sans être celui qui conclut l’action.

  • Un profil de percussion et de finition tardive, complémentaire du précédent. Modrić progresse par les courses tardives dans la surface plutôt que par la construction pure — une lecture cohérente avec la progression de son volume défensif jusqu’à égaler Kroos en 2020-21 (3,2 contre 3,1 actions défensives/90), signe d’un joueur à qui l’on demande d’occuper plus d’espace à mesure que le collectif évolue.

En attaque

  • Des ailiers dispensés de travail défensif classique, mais pas de pressing. Sur les huit échantillons saison/compétition, aucun ailier ou attaquant de couloir ne dépasse durablement 3 actions défensives/90. En revanche, en LDC 2019-20 par exemple, Vinícius (3,3 possessions remportées dans le dernier tiers /90) et Rodrygo (2,4) affichent des volumes de récupération haute proches de certains milieux, alors même que leurs statistiques d’actions défensives globales restent basses. Un signe que la ligne offensive participe activement au pressing.

  • Un numéro 9 pivot, plus impliqué dans la finition que dans la construction. Benzema affiche un xG90 remarquablement stable d’un mandat à l’autre (0,63 en 2016-17, 0,58 en 2017-18, 0,60 en 2019-20, 0,60 en 2020-21). Une régularité que peu de joueurs du système égalent sur quatre saisons. En revanche, son xGBuildup reste systématiquement inférieur à celui des relayeurs (5,2 à 10,85 selon les saisons, contre 13 à 15 pour Kroos). Il n’est pas le point de départ des actions, il en est la conclusion. Le profil-type n’est donc pas un numéro 9 qui décroche pour construire, mais un finisseur mobile, connecté à la surface.

De qui dispose l’équipe de France ?

Les intouchables

Kylian Mbappé reste intouchable de fait : capitaine, statut en sélection, production qui ne fléchit sous aucun système (xG90 à 0,89 cette saison, le plus élevé de tout l’effectif). Seule question ouverte : Zidane l’alignera-t-il en pointe ou sur le côté gauche, sachant que son xGBuildup (7,23) trahit un profil de finisseur fixe plutôt que de créateur profond.

Ousmane Dembélé et Michael Olise cochent noir sur blanc le profil d’ailier version Zidane défini : dispensés des tâches défensives classiques (9e et 15e centile en actions défensives)4, mais très engagés dans la récupération haute (87e et 96e centile en possession remportée dernier tiers). Olise ajoute une production totale qui parle d’elle-même : 25 buts, 28 passes décisives cette saison TCC (Bayern et EDF).

Aurélien Tchouaméni est le match le plus nettement établi pour la mission à sens unique de la sentinelle. Il est 86e centile en actions défensives, ses xG90 et xA90 sont tous deux sous la barre des 0,10 — exactement comme chez Casemiro sous Zidane.

Fiche statistique d'Aurélien Tchouaméni, milieu au Real Madrid : 86e centile en actions défensives par 90, xG90 à 0,10, xGA90 à 0,08, xGBuildup à 11,4.
La correspondance la plus nette de toute l’étude entre un profil français et un archétype Zidane.

Dayot Upamecano est intouchable par ses prestations à la Coupe du monde 2026 et sa saison au Bayern. Ses qualités à la construction (14,3 xGChain et 13,8 xGBuildup, équivalent voire supérieur à certains milieux de terrain)5 et en couverture défensive en font une option privilégiée (indice défensif 1vs1 de 80, 291e/588 parmi les défenseurs du top 5 européen)6.

Fiche statistique de Dayot Upamecano, défenseur au Bayern Munich : 14,3 de xGChain, 13,8 de xGBuildup, indice défensif 1 contre 1 de 80, classé 291e sur 588 défenseurs centraux du top 5 européen.
Intouchable par la performance.

Les gagnants potentiels

Jean-Philippe Mateta est la « surprise statistique » de cette étude. Son xG90 (0,65) tombe dans la fourchette Benzema (0,58-0,63) établie plus haut, et surtout son xGBuildup (2,39) est le plus bas de tout l’effectif. La signature parfaite du numéro 9 connecté à la surface plutôt que créateur profond. Il n’a pas le statut de Mbappé, mais si Zidane cherche un profil précis de pivot, la donnée plaide clairement pour lui.

Fiche statistique de Jean-Philippe Mateta, attaquant à Crystal Palace : xG90 à 0,65 dans la fourchette Benzema (0,58-0,63), xGBuildup à 2,39, le plus bas de l'effectif, 12 buts, 5,06 actions défensives par 90.
La petite surprise statistique de l’étude : un profil de buteur plus proche de Benzema que ne l’est Mbappé lui-même.

Après lecture de ses données, Adrien Rabiot se distingue plutôt comme un profil de percussion et de finition tardive comme l’était Modric à Madrid. Ses touches dans la surface adverse (6/90, 83e centile — le plus haut de tout le milieu de l’équipe de France) et son xG total (4,36, le plus élevé des purs milieux) plaident en sa faveur pour ce rôle.

Fiche statistique d'Adrien Rabiot, milieu à l'AC Milan : 83e centile en touches dans la surface adverse par 90, 6 buts, 4 passes décisives, xG total à 4,36.
Ni sentinelle ni constructeur pur : un profil de percuteur de surface, façon Modrić.

Quant à Warren Zaïre-Emery, il affiche le profil constructeur le plus abouti du milieu français : meilleur xGBuildup de la sélection (16,63) et 2e meilleur porteur de balle progressive sur 517 milieux des cinq grands championnats !

Fiche statistique de Warren Zaïre-Emery, milieu au PSG : 91e centile en possessions remportées dans le dernier tiers par 90, xGChain à 20,9, classé 2e sur 517 milieux du top 5 européen en portées progressives.
Le meilleur porteur de balle de tout le milieu français, prospects compris.

Maghnès Akliouche et Rayan Cherki confirment un profil compatible ailier plutôt que numéro 10 pur — le poste n’a de toute manière pas d’équivalent direct si nous raisonnons sur un 4-3-3. Leurs chiffres de pressing haut (86e et 78e centile en récupération dernier tiers) collent au moule déjà validé pour Dembélé et Olise. En outre, Cherki se distingue en plus par un xA90 (0,54) qui est le plus élevé de tout l’effectif des Bleus.

Eduardo Camavinga, non convoqué pour le Mondial, affiche un centile défensif (89e) qui dépasse même celui de Tchouaméni — la doublure la plus solide statistiquement pour le rôle de sentinelle. Il pourrait espérer retrouver le groupe France dans la première liste de Zidane.

Fiche statistique d'Eduardo Camavinga, milieu au Real Madrid : 89e centile en actions défensives par 90, xG90 à 0,07, xGA90 à 0,11, xGBuildup à 5,8.
Selon les données, la doublure au poste de sentinelle plus solide parmi les profils français.

Les perdants potentiels

Théo Hernandez (4e centile en actions défensives) et Lucas Hernandez (29e centile et le moins utilisé des défenseurs du groupe France avec 1 749 minutes) affichent tous deux un déficit défensif marqué. De plus, l’exil de l’un en Arabie Saoudite et le statut de remplaçant de l’autre ne plaide pas en faveur de leur maintien dans les futures listes.

William Saliba appartient à une catégorie différente. Son profil n’est absolument pas remis en cause, mais sa fracture du dos contractée sur la fin de saison, marquée par sa sortie prématurée en demi-finale contre l’Espagne, laisse une place ouverte dans la hiérarchie. Si l’équipe de France performe sans lui, il lui faudra impérativement retrouver la plénitude de ses capacités physiques pour y revenir.

Qui pour intégrer les Bleus version Zidane ?

Deux manques structurels ressortent de cette lecture croisée pour intégrer la première liste de Zidane : un profil de défenseur central capable de s’intercaler pendant l’absence de Saliba et un renfort de solidité défensive au poste de latéral. Un troisième axe, plus qualitatif, porterait sur un profil « construction » supplémentaire au milieu.

Le 3e homme en défense centrale

En partant du principe qu’Upamecano est intouchable et Lacroix probablement devant dans la hiérarchie actuelle, deux profils se dégagent parmi les pistes étudiées.

Comparatif statistique de trois défenseurs centraux candidats à la doublure de la charnière : Fofana (Chelsea, indice 1 contre 1 à 88, 84e centile en actions défensives, xGBuildup à 8,7), Lukeba (RB Leipzig, indice à 85, 37e centile, xGBuildup à 13,3), Kalulu (Juventus, indice à 76, 1er centile mais xGBuildup le plus élevé à 14,9).
Un couvreur pur, un profil équilibré, un créatif à la défense fragile : trois voies possibles pour épauler Upamecano et concurrencer Lacroix pendant l’indisponibilité de Saliba.

La première mène à Castello Lukeba (RB Leipzig) qui démontre un profil statistique très équilibré : 37e centile en actions défensives, 56e sur 588 défenseurs centraux des cinq grands championnats en portées progressives et un xGBuildup (13,34) comparable à celui d’Upamecano.

En complément, Wesley Fofana (Chelsea) est un pur profil de couverture : 84e centile en actions défensives, la meilleure marque des six pistes étudiées, avec un xG (0,54) qui confirme la quasi absence de registre offensif — cohérent avec l’étiquette de « successeur de Varane » qu’on peut rechercher ici.

L’autre piste explorée qui mérite d’être mentionnée : Pierre Kalulu (Juventus). Le bianconero affiche les meilleurs chiffres offensifs de tout le fichier défense centrale, prospects et titulaires confondus (xGBuildup à 14,87, xA à 5,54). Cependant, son centile en actions défensives (1er, c’est-à-dire que 99 % des défenseurs font mieux que lui !) est le pire de toute l’étude. Un profil de charnière créative séduisant sur le papier, disqualifié en l’état par un déficit défensif trop marqué pour la fonction première du poste. A l’inverse, les profils de Todibo (West Ham), Disasi (Chelsea) ou Lenglet (Benfica) affichent un déficit à la relance, même comparés à W. Fofana.

Le renfort au couloir gauche

Recruté par le PSG, où il pourra suppléer Nuno Mendes, Lucas Digne aura probablement une carte à jouer à court terme dans l’effectif des Bleus. En postulant que Théo Hernandez, exilé à Al-Hilal, n’est plus une option aussi séduisante que par le passé, voici un profil apportant une plus-value réelle.

Fiche statistique d'Adrien Truffert, latéral gauche à Bournemouth : 88e centile en actions défensives par 90, 5 passes décisives, 173 portées progressives, classé 9e sur 351 latéraux du top 5 européen.
Le latéral gauche le plus complet de toute la recherche de prospects.

Adrien Truffert (Bournemouth) est le résultat le plus net de cette recherche. Figurant dans le 88e centile en actions défensives et 9e sur 351 latéraux des cinq championnats majeurs en portées progressives, son profil dépasse largement toutes les options actuellement disponibles dans le groupe. Aucun latéral du groupe de la Coupe du Monde ne franchit le 34e centile.

Comme alternative, Quentin Merlin (Rennes) affiche un rang en portées quasiment identique (11e/351), mais son assise défensive est plus modeste (46e centile). L’un des deux figurera-t-il dans la première liste de Zidane ?

Le complément au milieu

En passant en revue les milieux de terrain français, Enzo Le Fée (Sunderland) est la première piste retenue. Placé dans le 91e centile en actions défensives/90, il est le meilleur de tous les milieux étudiés dans ce domaine, Tchouaméni y compris (86e). Mais son intérêt dépasse la seule solidité défensive. Avec une xA à 7,55 et un xG à 5,27, il apporte une vraie dimension de construction complémentaire.

Fiche statistique d'Enzo Le Fée, milieu à Sunderland : 91e centile en actions défensives par 90, xA à 7,55, 85 portées progressives, classé 84e sur 517 milieux du top 5 européen.
Meilleur profil défensif de tout le milieu recensé, doublée d’une vraie dimension de construction.

Cité dans la presse comme un nouveau visage potentiel des Bleus, Lucas Da Cunha (Côme) peut effectivement compléter une liste pour la rotation plutôt qu’une place de titulaire immédiate. Sa production offensive est la plus élevée de tous les milieux prospects étudiés (xG à 6,93) et son rang en portées progressives (15e sur 517, 97e centile) le place parmi les meilleurs porteurs de balle de tout l’échantillon. Sa découverte de la Ligue des Champions en 2026-2027 éclairera sur sa capacité à reproduire cela au plus haut niveau.

Fiche statistique de Lucas Da Cunha, milieu à Côme : 124 portées progressives, classé 15e sur 517 milieux du top 5 européen, 6 buts, 4 passes décisives, xG90 à 0,23, xA90 à 0,20.
Un profil de rotation pour peser sur la construction au milieu de terrain et la percussion.

En intégrant ces deux profils, le milieu à trois titulaire se dessine ainsi :

Tchouaméni — Zaïre-Emery — Le Fée

Le choix se justifie par un équilibre car le centile défensif de Le Fée induit qu’il pourrait tout aussi bien concurrencer le poste de sentinelle que celui de relayeur. Zaïre-Emery peut tenir naturellement le registre construction, flanqué de deux profils solides défensivement qui compensent son exposition, avec la polyvalence de Le Fée à la construction.

Suppléants : Camavinga (doublure sentinelle, 89e centile défensif) et un trio de profils de rotation aux registres proches comprenant Rabiot (le plus équilibré, 50e centile défensif), Koné (élite en portée de balle progressive, classé 16e sur 517 milieux des cinq championnats majeurs) et Da Cunha.

Parmi les autres pistes explorées, Mattéo Guendouzi (Fenerbahçe) affiche l’un des meilleurs rangs de tout le fichier en portées progressives (5e sur 614) sur sa dernière saison pleine à la Lazio (2024-2025). Khéphren Thuram (Juventus) reste une option supplémentaire de profondeur raisonnable sans se distinguer sur un axe précis (40e centile défensif, 25e/517 en portées progressives).

Bien sûr, les états de forme du début de saison 2026-2027 pourront rebattre les cartes et ces analyses ne prennent pas en considération l’aspect de la gestion humaine. Rendez-vous le 17 septembre pour savoir qui composera la première liste de Zidane pour sa première aventure en tant que sélectionneur : la Ligue des Nations.

Bilan : nos prédictions face à la vraie liste

La première liste de Zinédine Zidane est connue depuis le 18 septembre à 18h. Voici ce que nos analyses avaient vu juste et ce qu’elles ont manqué.

Les intouchables

Mbappé (capitaine confirmé), Dembélé, Olise et Upamecano figurent bien dans le groupe. En revanche, Aurélien Tchouaméni, notre appel le plus affirmé de tout le dossier — « le match le plus net de toute l’étude » — n’a pas été retenu. C’est le raté le plus net de cette analyse, et il n’y a pas de raison de le dissimuler.

Les gagnants potentiels et perdants potentiels

Rabiot, Zaïre-Emery, Cherki et Camavinga confirmés, ils retent ou reviennent dans le groupe des Bleus. A l’inverse, Mateta et Akliouche restent en dehors du groupe pour l’instant.

Sans faille : Théo Hernandez, Lucas Hernandez et Malo Gusto sont bien absents de cette première liste, conformément à ce que les données indiquaient. William Saliba est bien évidemment absent pour cause de blessure, libérant une place dans la défense centrale.

Les prospects

Adrien Truffert, notre piste prioritaire au poste de latéral, est appelé — tout comme Lucas Da Cunha, cité nommément dans notre recherche de renfort au milieu. Enzo Le Fée, en revanche, ne figure pas dans le groupe. Plus intéressant : Pierre Kalulu est sélectionné en défense centrale, alors qu’il n’était pas l’option première par rapport à Fofana et Lukeba — aucun des deux n’a finalement été appelé. Deux noms nous avaient également échappé, Andy Diouf et Jérémy Jacquet, tous deux convoqués pour la première fois.

  1. Le « Passes Per Defensive Action » mesure l’intensité du pressing exercé par une équipe. Il s’obtient en divisant le nombre de passes adverses par celui d’actions défensives (tacles, interceptions, fautes). En résumé, il correspond au nombre de passes que l’adversaire d’une équipe peut effectuer avant d’être sous pression. Plus le nombre est faible, plus le pressing est intense. ↩︎
  2. xG / xGA (Expected Goals / Expected Goals Against) : Indicateurs statistiques mesurant la qualité des occasions créées (xG) et concédées (xGA). Chaque tir reçoit une valeur entre 0 et 1 selon sa probabilité de se transformer en but. Permet d’évaluer le score logique d’un match au-delà du résultat réel, la production et l’efficacité (offensive et défensive) d’un joueur ou d’une équipe. ↩︎
  3. xGBuildup (Expected Goals Buildup) : Indicateur mesurant l’implication d’un joueur dans la seule construction du jeu. Il fonctionne comme l’xGChain, mais exclut strictement le tireur et le dernier passeur pour valoriser les créateurs reculés. Exemple : Si un joueur a un xGBuildup de 10, cela signifie que son travail de construction initial ou intermédiaire (sans donner la dernière passe ni tirer) a permis à son équipe de générer un total de 10 buts attendus. ↩︎
  4. Un centile situe un joueur par rapport à un groupe de comparaison sur une statistique donnée : un joueur au 86ᵉ centile fait mieux que 86 % de ce groupe sur le critère mesuré. ↩︎
  5. xGChain (Expected Goals Chain) : Indicateur mesurant l’influence globale d’un joueur sur l’animation offensive. Il attribue la valeur xG (buts attendus) de la frappe finale à tous les joueurs impliqués dans la séquence de passes menant à ce tir (tireur et passeur inclus). Exemple : Si un joueur a un xGChain de 10, cela signifie que les séquences de passes auxquelles il a participé (en initiant, relayant, offrant ou concluant l’action) ont généré un total de 10 buts attendus. ↩︎
  6. L’indice de performance en 1 contre 1 en défense de one-versus-one.com est un algorithme conçu pour évaluer la performance des joueurs individuels, comprenant un ensemble de dix valeurs (pertes de balles critiques, dégagements, récupérations de balles dans différentes parties du terrain, etc.). ↩︎

Une réponse à « Qui pourrait intégrer la première liste de Zidane à la tête des Bleus ? »

  1. […] côtés de Moriba le récupérateur, Corentin Tolisso apporte la projection et la création. Pas sélectionné en équipe de France par Zidane, qui semble vouloir voir de nouveaux visages plus jeunes, le capitaine lyonnais a brillé lors de […]

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