Des triplés, un retournement dans les arrêts de jeu, un piston méconnu qui crée cinq grosses occasions et un gardien grec qui a largement contribué à la victoire de son équipe en Angleterre. Les performances remarquables ont jalonné ce premier week-end de la saison où les cinq championnats majeurs européens se disputaient. Foot d’Infographies a concocté son premier onze des Étoiles d’Europe.
Premier week-end complet dans les cinq grands championnats synonyme de premier onze des Étoiles d’Europe version 2026-2027 ! Le format change par rapport aux éditions de 2018, mais le principe est le même : identifier les performances individuelles les plus remarquables de la semaine à travers la Premier League, la Bundesliga, la Ligue 1, la Serie A et la Liga.
La nouveauté, c’est que la sélection vise à composer un onze type et qu’il y aura un suivi sur la saison du nombre d’étoiles décernées. La formation de la semaine, dictée par les profils retenus, est un 3-4-3 avec deux meneurs de jeu sous un avant-centre. Voici les Étoiles d’Europe de la semaine du 31 août.
Gardien : Konstantinos Tzolakis

Il avait déjà brillé lors de l’ouverture du championnat anglais contre Manchester United. Il a remis ça ce week-end en permettant à son équipe de ne pas prendre l’eau. Dans un duel de promus, Hull City se déplaçait sur la pelouse de Coventry. Et si le match a été à l’avantage des locaux, les Tigers sont repartis avec les trois points (0-1) grâce à un but inscrit à la 82e minute, mais aussi grâce à leur portier grec de 24 ans. Konstantinos Tzolakis a cumulé 1,33 buts évités (différence entre les buts encaissés par un gardien et les expected goals des tirs cadrés qu’il a affrontés) en 90 minutes avec 3 arrêts. L’arrêt de son match : un tir à 0,98 xGOT repoussé, c’est-à-dire une tentative qui avait 98 % de chances de finir au fond des filets !
Au-delà de ces arrêts exceptionnels, Tzolakis a effectué deux sorties aériennes réussies, signe d’un gardien qui sait commander sa surface. Ses 11 récupérations confirment sa réactivité pour couper des actions en profondeur. La relance, en revanche, est un point faible : 38 % de passes réussies et 18 ballons perdus.
Patrick Beach (Troyes) mérite une mention pour ses 4 arrêts et 1,46 buts évités face à Lorient, mais la maîtrise de la surface et la continuité de Tzolakis ont fait la différence pour cette fois.
Défenseur central : Dayot Upamecano

Un défenseur central qui marque, ça arrive assez régulièrement. Un défenseur central qui marque avec 0,88 xGOT pour 0,24 xG, ça raconte autre chose : sa position de tir ne valait pas grand-chose (24 % de chances de marquer), mais sa frappe de la tête était d’une précision idéale au point d’avoir 88 % de chances de rentrer. C’est ce qu’a réalisé Dayot Upamecano lors de la démonstration du Bayern contre Stuttgart (5-1).
Pour le reste, le Français a fait le métier. Cinq duels aériens remportés sur sept tentés, quatre duels au sol gagnés sur cinq. Trois interceptions viennent compléter le tableau. Il a cumulé 14 actions défensives dans un match où Stuttgart a eu des temps forts, notamment en première période. Avec des performances de ce niveau, sa place de patron de la défense centrale des Bleus semble assurée.
Défenseur central : Mario Hermoso

Lors de la victoire de la Roma 4-0 contre Lecce, Mario Hermoso a sorti la performance la plus complète de la ligne défensive sélectionnée. Cinq tacles réussis sur six tentés, quatre interceptions, onze récupérations, sept duels au sol gagnés sur neuf : aucun autre défenseur analysé cette semaine ne combine ce niveau d’engagement et ce taux de réussite. L’Espagnol a été partout, tout le temps.
Ce qui distingue Hermoso, c’est sa capacité à enchaîner : 84 passes sur 92 tentées (91 %), dont 60 sur 62 dans son camp (97 %). Et 112 ballons touchés — un chiffre qui le place au centre de chaque relance romaine. Il a aussi touché la barre transversale sur une frappe, ce qui aurait pu ajouter une contribution offensive à son bilan.
Il devance de peu Castello Lukeba (Leipzig, 3-0 contre Mönchengladbach), qui a notamment affiché près de 46 m de portée progressive et qui n’a pas été dribblé une seule fois. Marc Bartra (Betis) a affiché 20 contributions défensives, mais dans une défaite 5-2 de son équipe contre Levante, avec seulement 56 % de ballons longs réussis et dix possessions perdues.
Défenseur central : Eric Dier

Dans la supériorité monégasque face à l’Olympique de Marseille (2-0), Eric Dier constitue l’élément de relance chirurgical. L’Anglais a réussi 36 passes sur 38 tentées (95 %), dont un 22/22 parfait dans son camp. Seulement deux possessions perdues sur l’ensemble du match et jamais dribblé par ses adversaires. Quatorze dégagements complètent le volet défensif — le total le plus élevé de la ligne arrière cette semaine.
Le bonus, c’est sa passe décisive et la grosse occasion créée qui l’accompagne. Un central qui génère un but depuis sa relance, avec un geste que personne n’attendait (0,00 xA sur l’action — la passe n’était pas censée produire un tir dangereux), c’est un profil rare qui rappelle ce que les meilleurs défenseurs relanceurs apportent au football moderne. Certes, il a fallu que son attaquant bonifie l’action pour la convertir (nous y reviendrons).
Piston gauche : Lewis Hall

Le piston le plus complet du week-end, et c’est son versant défensif qui le distingue des autres candidats au poste. Sur le terrain de Tottenham, le latéral de Newcastle Lewis Hall a d’abord eu un rôle défensif indéniable. Treize contributions défensives — le total le plus élevé de tout le onze, toutes positions confondues. Six dégagements, quatre tirs bloqués, et surtout deux sauvetages sur la ligne : le genre de geste qui peut tout changer dans un match, et il l’a fait deux fois.
Offensivement, Hall n’a pas disparu. Trois centres réussis sur quatre tentés, 69,2 m de portée progressive depuis le flanc gauche, et deux dribbles réussis sur deux tentés. Le profil efficace des deux côtés du terrain qu’on attend d’un piston dans un 3-4-3. Ses 75 ballons touchés démontrent son implication dans le jeu des Magpies dans cette rencontre.
Federico Dimarco (Inter, 1-0 contre Cagliari) a fait une bonne performance offensive — 7 clés passes, 9 centres, 0,71 xA — mais deux grosses occasions manquées par lui-même viennent ternir son bilan. Neco Williams (Nottingham Forest, 2-2 à Liverpool) a livré un match de guerrier défensif (12 actions défensives, 6 tacles, 1 tacle en dernier défenseur), mais son apport offensif est quasi nul (0,15 xA).
Milieu central : Vitinha

À la 84e minute, le PSG est mené 2-0 à Lille. Au coup de sifflet final, le double tenant du titre en Ligue des champions arrache un second nul 2-2 d’affilée pour débuter sa saison de Ligue 1. Celui qui a tout changé, c’est Vitinha. D’abord il marque (90e +1) un but dans une position défavorable (0,04 xG). Puis au bout du temps additionnel, il délivre un centre avec une réactivité prodigieuse pour la tête égalisatrice de Marquinhos.
Comme souvent, son volume de jeu est hors norme : 126 ballons et 105 passes réussies sur 114 tentées (92 %), le meilleur bilan de passeur de nos Étoiles d’Europe de la semaine sur le volume, tous postes confondus. Sa progression totale atteint 123,6 m — il a su faire avancer le ballon.
Milieu central : Joshua Kimmich

En complément de Vitinha, Joshua Kimmich apporte son lot de contributions décisives. Deux passes décisives et deux grosses occasions créées depuis le milieu de terrain pour 0,63 xA. Il y ajoute trois interceptions, trois duels au sol gagnés sur trois tentés, et sept récupérations. Le travail défensif nécessaire d’un milieu axial dans un 3-4-3.
Cependant, l’Allemand a perdu 18 ballons sur 86 touchés (21 %). Une prise de risque à relativiser vu la domination du Bayern dans son match du week-end.
Alex Scott (Bournemouth, 1-1 contre Everton) était le troisième choix. Un but, 82 m de progression, 9 récupérations, mais ses 21 possessions perdues et l’absence totale de création (0 assist, 0 grosse occasion) ont joué contre sa sélection.
Piston droit : Marius Wolf

Passé par le Borussia Dortmund, Marius Wolf anime aujourd’hui le côté droit d’Augsburg. Lors de la victoire de son équipe aux dépens de Schalke 04 (3-0), Wolf a été un danger perpétuel. Cinq grosses occasions créées depuis un poste de piston droit, sept passes clés [1] délivrées. Malgré 1,15 xA, Wolf termine sans passe décisive : ses coéquipiers n’ont converti aucune de ces situations en but. C’est un bon exemple de performance que les Étoiles d’Europe ont vocation à mettre en lumière.
Par ailleurs, Wolf a réussi les trois centres qu’il a tentés, les trois duels au sol qu’il a disputés, et il n’a jamais été dribblé. Le revers de la médaille se trouve dans la précision globale : 71 % de passes réussies sur 21 tentatives. C’est le prix de la prise de risque vers l’avant — beaucoup de ses passes étaient des tentatives de dernière passe, et non de la circulation stérile.
Gessime Yassine (Strasbourg, 2 buts contre Lens) était l’option la plus offensive du poste — buteur, porteur de ballon (94,3 m de progression), provocateur (4 fautes subies).
Meneur de jeu : Rayan Cherki

Pour animer les demi-espaces, notre 3-4-3 aligne Rayan Cherki à la faveur de sa performance lors de la victoire de Manchester City chez Crystal Palace (1-4). Le Français a cadré ses trois frappes et a inscrit deux buts. Le tout avec 0,35 xG — une surperformance qui souligne sa pleine confiance, tout comme sa chevauchée de dribbles en pleine surface sur son second but.
Mais la performance de Cherki vendredi ne se réduit pas à ses buts. Ses 0,55 xA et ses trois passes clés montrent son apport à la création. Il a réussi 93 % de ses passes (62/67) — le meilleur ratio de tout le onze — et a cumulé 92 m de portée progressive et 337 m de portée totale. Le point faible est physique : 3 duels au sol gagnés sur 11, soit 27 % seulement.
Lamine Yamal (Barcelone, 2 buts contre le Rayo Vallecano) est le concurrent le plus sérieux au poste après sa performance lundi soir. Ses 7 passes clés et 130,2 m de portée progressive sont les meilleurs chiffres de la semaine dans ces catégories. Mais 75 % de passes réussies et 22 possessions perdues — parmi les pires ratios de tous les joueurs analysés — ont fait pencher la balance du côté de Cherki cette semaine.
Meneur de jeu : Bruno Fernandes

La magie du concept nous permet d’associer deux rivaux de Manchester. Mais il faut bien dire que la performance de Bruno Fernandes face à Ipswich (5-2) est incontournable. Après une première mi-temps timorée, Manchester United a terrassé le promu et son meneur portugais a été impliqué sur quatre des cinq buts. Il a inscrit trois buts lui-même (dont un penalty). Il a transformé 1,95 xG en 2,38 xGOT, signe de la qualité de sa finition.
Au-delà de ses buts, Fernandes a distribué : une passe décisive, trois passes clés, quatre centres réussis sur neuf tentés. Il a perdu son lot de ballons (18) et n’a remporté que 3 duels au sol sur 7 (43 %), mais avec 90 ballons touchés et 54 passes réussies sur 63 (86 %), il a été au cœur de tout ce qu’United a produit.
Avant-centre : Paris Brunner

On parlait de la nécessité pour l’attaquant monégasque de faire fructifier les bonnes passes de Dier depuis la défense. C’est ce que Paris Brunner a très bien fait. Son 1,90 xGOT est le meilleur de tous les avant-centres analysés cette semaine. Autour des deux buts inscrits, son dossier tient : 77 % de passes réussies (rare pour un numéro 9), dix duels au sol dont six gagnés, quatre duels aériens dont deux gagnés, et surtout trois tacles dont deux réussis. L’avant-centre le plus complet de la semaine.
Younes Ebnoutalib (Francfort, hat-trick contre l’Union Berlin) mérite une mention pour sa conversion parfaite — 3 tirs, 3 cadrés, 3 buts, 1,75 xGOT. De même pour Yassir Zabiri (Racing Santander, hat-trick contre Elche), mais qui n’a pas apporté autre chose que ses trois buts (c’est déjà pas mal pour sa formation !).

Rendez-vous la semaine prochaine pour le prochain numéro des Étoiles d’Europe ! Retrouvez le récapitulatif des étoiles décernées ici.
[1] Passe qui débouche sur un tir.


Laisser un commentaire