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Replay game Brésil-Italie 1970 : une finale jouée d’avance ?

World Cup Project #8. Souvent citée comme la meilleure sélection nationale de l’histoire, le Brésil de 1970 a éclaboussé la Coupe du monde de son talent. Jusqu’à cette finale où l’Italie, championne d’Europe en titre, n’a rien pu faire. Malgré quelques arguments.

Oui le football n’est pas qu’une histoire de statistiques. Et le football n’est pas qu’une question de logique, puisque la meilleure équipe ne gagne pas toujours. Sinon, la Hongrie et les Pays-Bas auraient une étoile (au moins) sur leur maillot, et le palmarès international du Portugal serait encore vierge (#troll).

L’objectif du replay game est de revenir sur des matchs marquants de l’histoire de la Coupe du monde, et de voir quelles étaient les forces en présence. À partir de là, on peut s’amuser à rejouer le match en comparant les deux équipes et en simulant un score. Bien que la vérité du terrain reste immuable.

Ceci étant dit, plongeons nous dans la finale de la Coupe du monde 1970 au Mexique, opposant un Brésil en quête d’une troisième couronne mondiale, et une Italie vainqueur de l’Euro 1968.

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Parcours avant le match

Quatre jours auparavant, la Nazionale avait enchanté les spectateurs de l’Estadio Azteca en compagnie de l’Allemagne de l’Ouest. Repris à la dernière minute par les Allemands (1-1), l’Italie s’impose au bout d’une prolongation exceptionnelle (4-3). Ce match permet aux Italiens de se présenter en finale, en étant invaincus en cinq matchs, sans pour autant avoir fait un parcours d’exception. La demi-finale contre la RFA reste le match référence dans la compétition pour cette équipe : elle avait éliminé facilement le Mexique en quarts (4-1) et s’était sortie d’un groupe accessible avec une victoire (1-0 contre la Suède) et deux nuls (0-0 contre l’Uruguay et Israël).

En face, le Brésil affiche un bilan sans fautes. Cinq matchs, cinq victoires, quinze buts marqués six encaissés. Des victoires solides au premier tour (4-1 contre la Tchécoslovaquie, 1-0 contre l’Angleterre championne du monde en titre, 3-2 contre la Roumanie), un piège évité face à la surprise péruvienne en quarts (4-2) et une petite vengeance face à l’ennemi uruguayen (3-1). L’attaque brésilienne portée par Jairzinho (5 buts) et Rivelino (3 buts), et compte un certain Pelé.

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Âge moyen

Le groupe de la Seleção pour la Coupe du monde 1970 est un amalgame de joueurs confirmés et de jeunes talents. Gilmar, Nilton Santos, Djalma Santos, Zito et Garrincha, champions du monde en 1962 et pour certains présents en 1966, ne sont plus là. En revanche, Pelé, Gerson, Jairzinho ou Brito ont entre 25 et 30 ans et étaient présents au Mondial anglais. Au finale, l’effectif de Brésil 1970 est plutôt jeune avec 24 ans de moyenne d’âge. Sur les onze participants à la finale, la moyenne monte à 26 ans, les plus jeunes joueurs évoluant au milieu de terrain (Clodoaldo, 20 ans, Rivelino, 24 ans).

L’Italie aborde le Mondial 1970 avec un groupe plus expérimenté, avec presque 27 ans de moyenne d’âge sur les 22 Italiens. Une expérience qui se retrouve surtout en défense, puisque les défenseurs alignés en finale avaient 28 ans de moyenne d’âge.

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Matchs en sélection

Malgré un effectif plus jeune, l’équipe brésilienne qui se présente en finale dispose d’une expérience internationale plus importante que l’Italie. Les 22 Brésiliens cumulent 521 sélections contre 364. Et sur les participants à la finale, même si l’écart se resserre, le Brésil garde l’avantage avec 410 sélections contre 327 (alors que 13 Italiens ont participé à la finale puisqu’il y a eu deux changements).

Le milieu de terrain brésilien est le plus expérimenté, grâce à Jairzinho et Gerson qui dépassent tous deux les 50 sélections lors de la finale, tandis que l’attaque profite de l’expérience de Pelé (86) et de Tostão (41). Côté italien, le plus capé avant la finale est Giacinto Facchetti (57). Il est suivi par Sandro Mazzola (42) et Gianni Rivera (41), mais que le sélectionneur Ferruccio Valcareggi ne s’est jamais décidé à aligner ensembles sur le terrain. En comptant Tarcisio Burgnich (38) quatre Italiens comptent 30 matchs ou plus en sélections au moment de la finale, contre sept Brésiliens.

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Matchs en Coupe du monde

En revanche, la Nazionale possède un groupe un peu plus habitué à la Coupe du monde. Sur l’ensemble de l’effectif, la différence est minime : 77 matchs cumulés contre 75. Mais l’écart se creuse au profit de l’Italie en ne prenant que les participants à la finale (74 à 65). Cependant, cet écart doit beaucoup à l’entrée en jeu tardive dans le match de Gianni Rivera, fort de six matchs joués dans l’épreuve. Les quatre défenseurs italiens comptaient tout de même près de trente rencontres de Coupe du monde.

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Palmarès des joueurs

Le Brésil de 1970 est composé de joueurs gavés de titres. En tout, 65 compétitions différentes : un championnat gagné en 1968 et 1969 sont deux compétitions différentes. En revanche, si deux joueurs gagnent le championnat la même année, on ne le compte qu’une fois. Que ce soit avec Santos, Botafogo ou Vasco de Gama, les 22 Brésiliens ont largement rempli leur palmarès avant la Coupe du monde 1970. Mais on peut objecter que, parmi ces titres, un certain nombre sont des compétitions relativement simples à remporter. Par exemple, les trois compétitions internationales qui consistaient en un match opposant le Brésil et le Chili (Coupe Bernardo O’Higgins), l’Argentine (Copa Roca), l’Uruguay (Coupe Rio Branco) ou le Paraguay (Coupe Oswaldo Cruz).

Si le palmarès des Italiens est beaucoup moins fourni en nombre (27 compétitions différentes), il faut pondérer avec la qualité de celui-ci. Certaines compétitions étaient aussi plus accessibles, comme la Coupe Mitropa, qui opposait des clubs italiens à des équipes d’Europe centrale, ou la Coupe des Alpes, se disputant entre clubs italiens et suisses jusqu’en 1966. D’autres le sont beaucoup moins, notamment les quatre Coupe des clubs champions du Milan AC (1963, 1969) et de l’Inter Milan (1964, 1965). Et surtout, dix des treize participants à la finale faisaient partie du groupe vainqueur de l’Euro deux ans auparavant. Seuls Pierluigi Cera, Mario Bertini et Roberto Boninsegna n’étaient pas présents en 1968.

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Palmarès sélectionneurs

Ferruccio Valgareggi n’a pas eu la chance d’avoir une carrière de joueur florissante. Il faut dire qu’il a joué entre la fin des années 1930 et le début des années 1950, ce qui ne représente pas la période la plus faste pour le football. Il n’a pas remporté de titre, en dehors de la Coupe de Haute-Italie avec Bologne en 1946, un tournoi de consolation rassemblant les équipes du nord de l’Italie non qualifiées pour la phase nationale de la Série A et des équipes de Série B et C. Il n’a jamais joué pour l’équipe d’Italie. En tant qu’entraîneur, il a notamment officié à l’Atalanta Bergame (1959-1962, puis 1964-1965) et à la Fiorentina (1962-1963). Là encore, il ne remporte pas de titres. Pourtant, l’Atalanta gagne la Coupe d’Italie la saison suivant son départ, ce qu’à fait aussi la Fiorentina deux ans après son départ. En revanche, il a mené l’Italie à la victoire à l’Euro 1968.

Son homologue Mario Zagallo affiche un tout autre bilan. Plus jeune (38 ans contre 51), Zagallo a d’abord eu une carrière de joueur aboutie : 33 sélections avec la Seleção, sept titres en club avec Flamengo et Botafogo, et deux Coupes du monde (1958, 1962). Entraîneur de Botafogo et sélectionneur du Brésil en même temps depuis 1967, Mario Zagallo avait déjà fait gagner une partie de ses joueurs avec leur club avec deux championnats régionaux de Rio et la Taça Brasil, ancêtre du championnat national.

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Pourquoi cela n’a pas eu lieu ?

Les forces en présence étaient donc plus équilibrées que ce que le score réel démontre (4-1). Mais l’Italie était émoussée physiquement par les conditions climatiques (altitude et surtout chaleur), d’autant qu’elle avait joué 120 minutes d’un match intense quatre jours plus tôt. Au final, peut-être que l’âge plus avancé des Italiens, même si l’équipe ne comportait pas de joueurs très âgés, a joué en leur défaveur pour la récupération.

En outre, les deux équipes avaient des mentalités différentes. Si le Brésil s’appuyait sur un déséquilibre au profit de l’attaque, ce qui se voit au nombre de buts encaissés, ses talents offensifs lui ont permis de toujours faire la différence tout au long de la compétition. En face, Valcareggi n’a jamais voulu prendre de risques, échaudé par l’orgie de buts de la demi-finale contre la RFA. Son obstination à choisir entre Mazzola et Rivera en est la preuve, quand le Brésil aligne sans ciller Rivelino et Jairzinho sur les ailes. L’attaque a clairement eu raison de la défense sur ce match, qui consacre une Seleção irrésistible.

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