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Infographies World Cup Project

Replay game Brésil-France 1998 : Aimé, rend l’étoile !

World Cup Project #16. Vainqueurs du Brésil, champion du monde en titre et qui reprendra sa couronne quatre ans plus tard, les Bleus ont enfin gagné la Coupe du monde, 16 ans après le traumatisme de Séville. Pourtant, ce n’était pas gagné qu’on puisse « mourir tranquille ». Mais Aimé Jacquet a bien usé d’une technique, certes, pas très jolie, mais efficace (et légale).

Oui le football n’est pas qu’une histoire de statistiques. Le football n’est pas qu’une question de logique non plus, puisque la meilleure équipe ne gagne pas toujours. Sinon, la Hongrie et les Pays-Bas auraient une étoile (au moins) sur leur maillot, et le palmarès international du Portugal serait encore vierge (#troll). L’objectif du replay game est de revenir sur des matchs marquants de l’histoire de la Coupe du monde, et de voir quelles étaient les forces en présence.

En 1998, l’équipe de France devient la sixième nation a remporter la Coupe du monde sur son sol (Uruguay en 1930, Italie en 1934, Angleterre en 1966, la RFA en 1974 et l’Argentine en 1978). Petit à petit portés par leurs supporters, les Bleus terminent en apothéose, en battant le Brésil trois buts à zéro. Pas exempte de suspicion, y compris de la part de protagoniste comme Emmanuel Petit, la finale consacre l’idée du sélectionneur Aimé Jacquet, qui a su s’appuyer sur les forces de son équipe : une défense de fer et quelques individualités offensives de grand talent, confirmées ou à venir. Examinons les forces en présence de ce match.

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Parcours avant le match

Brésiliens et Français se sont retrouvés en finale sans avoir éliminé pléthore de grandes nations du football mondial. Tout juste une chacun : l’Italie pour la France en quarts de finale, et les Pays-Bas pour la Seleção en demies. D’ailleurs, dans ces deux cas, ils s’en sont sortis aux tirs au but. Pour le reste, les parcours respectifs des deux finalistes sont assez proches. Leurs groupes étaient largement abordables, peut-être un peu plus celui des Bleus, où l’Afrique du Sud et l’Arabie Saoudite étaient limités.

De son côté, le Brésil dû se défaire d’Écossais bouillis (30,7 ans de moyenne d’âge pour le onze-type), de Marocains talentueux mais pas toujours rigoureux en défense (ça leur coûte la victoire contre la Norvège) et des Norvégiens… qui les battent ! Alors que Zagallo n’avait pas fait tourner son équipe dans ce troisième match sans enjeu pour le Brésil, la Norvège est allée chercher sa victoire et sa qualification aux dépens du Maroc dans les derniers instants (grâce au penalty de Rekdal, avec ses fameuses chaussures jaunes qui le rendaient reconnaissables dans PES).

La Seleção s’est ensuite amusée du Chili en huitièmes (4-1), pendant que les Bleus s’en remettaient à Laurent Blanc pour terrasser le Paraguay en prolongation. Elle s’est ensuite fait peur contre le Danemark en quarts, en étant menée très tôt, puis rejointe à 2-2, avant de l’emporter grâce à un doublé de Rivaldo (3-2). Un scénario qui rappelle la demi-finale France-Croatie. Mais les Croates, troisièmes de ce Mondial, tombeur de l’Allemagne (3-0) et des Pays-Bas (2-1), et disposant du meilleur buteur de la compétition (Šuker, six buts), avaient peut-être plus de talents à leur disposition. Petit avantage à la France, qui est restée invaincue et avait concédé beaucoup moins de buts (deux contre sept).

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Âge moyen

La France de 1998 avait un peu plus d’expérience que celle de 1982. Les Bleus affichent une moyenne d’âge de près de 27 ans (26,9) sur le groupe des 22, contre 26,5 ans pour la bande à Platini. Sur les treize participants à la finale, on dépasse les 27 ans en moyenne (27,2), et la médiane coupe l’effectif en deux au niveau de cet âge. Mais en face, les Brésiliens ont encore un peu plus de kilomètres au compteur. Certains n’étaient plus au top de leur carrière : Bebeto n’avait plus le même rendement depuis son départ de La Corogne et son retour au Brésil en 1996, et César Sampaio et Dunga jouaient au Japon depuis 1995. Cependant, ils étaient encore compétitifs. Bebeto et Sampaio avaient marqué trois buts chacun avant la finale, et Dunga était le capitaine, comme lors de la campagne victorieuse de 1994.

Si le groupe complet affiche 27,4 ans de moyenne, les onze titulaires et deux remplaçants entrés en jeu montent à 28,1 ans. La différence se fait au niveau du gardien, Claudio Taffarel étant l’aîné de Fabien Barthez de cinq ans, et au milieu de terrain, où Dunga (34 ans) et César Sampaio (30 ans) creusent légèrement l’écart. La Seleção compte six trentenaires, dont cinq forment une ossature sur le terrain (Taffarel, Aldaïr, Dunga, Sampaio, Bebeto), tandis que les Bleus en comptent cinq, mais dont les deux gardiens remplaçants et Franck Lebœuf, doublure de Laurent Blanc.

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Matchs en sélection

Bourré d’expérience international. Le Brésil qui s’apprête à jouer la finale de la Coupe du monde 1998 présente, de très loin, le plus haut total de sélections observé dans les trois replay games réalisés. 817 sélections cumulées ! Soit 37 capes par joueur en moyenne. Des tauliers au quatre coins du terrain : Taffarel (100 sélections), Cafu (69), Aldaïr (71), Dunga (90) et Bebeto (74). Les seuls participants à la finale (689 sélections) cumulent plus de capes que l’ensemble du groupe France !

Pourtant, les Bleus portent mal leur nom au niveau international. Car ils affichent tout simplement le second total observé avec 600 sélections, devant les 521 du Brésil de 1970. Sur les quatorze joueurs qui ont joué la finale, le total tombe à 431, la faute à la suspension de Laurent Blanc (76) et au rôle de doublure de Bernard Lama (37). Outre le poste de gardien (100 contre 19), la différence la plus importante se situe sur la ligne d’attaque, où Guivarc’h (12) puis Dugarry (26) sont loin de Bebeto (74), Ronaldo (43) et Edmundo (33).

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Matchs en Coupe du monde

Sans surprise, l’expérience en Coupe du monde penche largement en faveur des Brésiliens. D’abord, parce que les Bleus n’étaient pas présents en Italie (1990) et aux États-Unis (1994). Tous ont donc découvert le Mondial qu’en 1998, et cumulent les matchs joués depuis la rencontre face à l’Afrique du Sud au premier tour. Le Brésil, à l’inverse, compte dans ses rangs des joueurs champions du monde en titre, dont le quatuor de base étaient même déjà présents en 1990 (Taffarel, Aldaïr, Dunga, Bebeto).

Tous les joueurs ayant l’expérience de la Coupe du monde sont sur le terrain, puisque la différence entre le total du groupe (122) est très proche de celui des participants à la finale (114). Edmundo est le seul Brésilien présent lors de cette finale n’ayant pas joué au moins cinq rencontres de Coupe du monde auparavant. Avec Leonardo, ils sont cinq a cumuler dix matchs ou plus en phase finale. Exceptionnel.

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Palmarès des joueurs

On l’avait vu lors du replay game de Brésil-Italie 1970, les joueurs brésiliens collectionnent souvent les titres. Leur palmarès est gonflé par le fait que, lorsqu’ils jouent au pays, ils disputent à la fois le championnat régional et national avec leurs clubs. À cela s’ajoutent la Coupe nationale et des tournois annexes, comme celui entre les clubs des États de Rio de Janeiro et de São Paulo. Néanmoins, le Brésil de 1998 a aussi su gagner au niveau continental en Amérique du Sud, et avec des clubs européens. Deux championnats d’Espagne, deux Coupes d’Italie, trois Coupes des coupes, trois Copa Libertadores, une Coupe de l’UEFA et une Ligue des Champions. On retrouve aussi des compétitions plus exotiques, comme le championnat mexicain de 1994, remporté par le défenseur Gonçalves, le Championnat du Japon ou la Coupe d’Asie des vainqueurs de coupes, collectés par Dunga et César Sampaio, qui côtoyaient Patrick Mboma ou Salvatore Schillaci au pays du Soleil-Levant.

Les Bleus ne sont pas en reste au niveau du palmarès individuel. Un certain nombre sont partis dans les meilleurs clubs italiens, championnat phare de l’époque. Les Français ont gagné 35 compétitions nationales différentes. Parmi elles, on compte le Championnat de France (sept), d’Italie (cinq), d’Angleterre (un). Mais aussi des compétitions continentales et internationales avec une Coupe de l’UEFA, trois Coupes des coupes, deux Coupes intercontinentales et même quatre Ligues des Champions (glanés avec Marseille en 1993, le Milan AC en 1994, la Juventus Turin en 1996 et le Real Madrid en 1998), quatre fois plus que les Brésiliens !

Mais, ce qui différencie les deux effectifs, c’est la faculté a gagner avec la sélection. À ce niveau-là, le Brésil prend un avantage décisif. Parmi le groupe, certains étaient présents lors de la victoire en Copa America en 1989, et plus encore en 1997. Et puis, bien sûr, sept joueurs étaient champions du monde en titre (Taffarel, Cafu, Aldaïr, Dunga, Leonardo, Bebeto et Ronaldo, bien que ce dernier n’est pas joué une seule minute à l’époque).

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Palmarès sélectionneurs

On l’avait quitté alors qu’il n’avait pas encore quarante ans en 1970. Après un beau succès en tant qu’entraîneur au Brésil, il avait gagné la Coupe du monde avec un Brésil de rêve. En 28 ans, Mário Zagallo a eu le temps de parfaire son palmarès, en ajoutant douze titres en club, principalement avec Flamengo. En plus du Mondial 1970, il a remporté d’autres trophées importants avec la Seleção, comme la Copa America et la Coupe des Confédérations en 1997, et d’autres plus anecdotiques tels que la Coupe Umbro en 1995 et la Coupe de l’Indépendance en 1972.

Sur le banc opposé se tient Aimé Jacquet. Injustement méprisé par le quotidien sportif français de référence entre 1996 et 1998, l’homme du Forez a connu le succès comme joueur et entraîneur, à l’image de son homologue brésilien. S’il n’a pas eu une carrière internationale aussi riche que Zagallo (seulement deux capes en 1968), il a glané onze titres, dont cinq championnats avec l’AS Saint-Étienne. En tant qu’entraîneur, il fait les beaux jours de Bordeaux : trois championnats, deux Coupes et un Challenge des champions (devenu Trophée des champions en 1995). Il prend les rênes des Bleus suite à l’échec de la qualification pour la Coupe du monde 1994, et les mène à la demi-finale de l’Euro 1996, éliminés par la République tchèque aux tirs au but. Critiqué pour son style défensif, on peut dire que Jacquet a su donner à l’équipe de France une rigueur défensive qui, à défaut de toujours séduire, est efficace. Il ne concède que trois défaites en 53 matchs à la tête des Bleus. Néanmoins, son palmarès reste moins complet que celui de Zagallo, avant l’issue de cette finale.

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Pourquoi cela n’a pas eu lieu ?

Parce qu’Aimé Jacquet a fait le choix de troquer le jeu flamboyant des Bleus des années 1980, qui se sont systématiquement vautrés quand arrivaient les matchs couperets contre des adversaires rompus à la victoire. Cela n’explique pas tout, bien sûr. On pourrait objecter que les Brésiliens ont joué 120 minutes cinq jours plus tôt, que Ronaldo a fait une crise d’épilepsie avant le match « comme par hasard », que la bouffe de leur camp de base était avariée…

Toujours est-il que le Brésil a buté sur une défense qui n’a presque jamais été prise à défaut de toute la compétition. Et que, eux-mêmes, donnaient de grands signes de faiblesses défensives. Notamment avec un Roberto Carlos habitué à faire n’importe quoi contre la France : son jongle inutile qui donne le corner de l’ouverture du score, son freeze devant la tête de Zidane sur le second but, sa course perdue face à Bernard Mendy en 2004 ou encore son absence de marquage sur Thierry Henry en quarts de finale en 2006, pour cause de lacets défaits (à 5’27 dans la vidéo).

Cela ne plaît peut-être pas, mais il s’avère que baser son jeu sur la défense a été un choix payant pour la France en 1998, et que cela a compensé la déséquilibre des forces.

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3 réflexions au sujet de “Replay game Brésil-France 1998 : Aimé, rend l’étoile !”

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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