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Infographies World Cup Project

Ode à la Coupe du monde féminine

World Cup Project #7. Partie des États-Unis, la renaissance du football féminin dans les années 1970 a abouti à la création d’une Coupe du monde en 1991. Depuis, la branche féminine de la compétition mondiale a mûri, mais reste dans l’ombre de son aïeule. Aujourd’hui, on braque les projecteurs sur elle, à un peu plus d’un an de sa venue en France.

Le 5 décembre 1921, la Fédération anglaise de football (Football Association ou F.A.) prend une décision qui ne figure pas parmi ses plus inspirées. Interdire la pratique du football féminin 1. Pourtant, les femmes jouent au ballon rond depuis la fin du XIXe siècle, c’est-à-dire depuis la création des premiers clubs professionnels masculins. De plus, elles remplissent les stades : un an plus tôt, 53 000 spectateurs assistent à la rencontre entre les Dick, Kerr’s Ladies, le club féminin phare de l’époque, et les St Helens Ladies au Goodison Park de Liverpool.

Mais embarrassé par la concurrence que représente cet « autre » football (peut-être), mal à l’aise à l’idée que des femmes puissent s’émanciper en étant rémunérées via l’amateurisme marron (sûrement), la Fédération anglaise siffle la mi-temps. La France suivra l’exemple en 1932, lorsque la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF) banni le football de son domaine de compétence. Autre argument massue : le risque sanitaire que représente ce sport, jugé violent pour les femmes. À cette fin, le décès de Miss C.V. Richards en 1926 sera exploité comme la preuve d’une incompatibilité naturelle entre football et gent féminine. Nonobstant les 14 hommes malheureusement décédés sur les terrains ou suite à un match de 1889 à 1926, malgré leur aptitude à pratiquer. On en dénombre 116 aujourd’hui (2) et la FIFA n’a pris des mesures préventives pour ces messieurs qu’en 2007. Carton jaune pour paternalisme, carton rouge pour misogynie.

Après une longue période de clandestinité, le foot féminin revient sur la pelouse au début des années 1970. Réintroduit en Angleterre, en France et en Allemagne, il se développe surtout aux États-Unis, sous l’impulsion des équipes universitaires. Des compétitions mondiales, non reconnues par la FIFA, se déroulent en 1970, 1971 et 1981, puis de 1984 à 1988 3. Jusqu’à ce que la Fédération internationale, consciente du potentiel de la compétition, décide d’organiser sous son égide la première Coupe du monde féminine officielle en 1991. Bien lui en a prit, puisqu’elle est aujourd’hui reconnue comme le tournoi unidisciplinaire féminin le plus important et est « la deuxième compétition dans le portefeuille de la FIFA » en termes de couverture médiatique et de visibilité sur les réseaux sociaux.

27 ans, l’âge de raison

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À l’instar du Mondial masculin, la Coupe du monde féminine a débuté sur des bases élevées en termes de buts marqués. Les trois premières éditions affichent une moyenne proche des quatre buts par match (3,8) et il a fallu attendre 2011 (6e édition) pour passer sous la barre des trois buts. La profusion de buts était due, comme chez les hommes, aux écarts de niveau entre les sélections. Les premières participations du Japon, de la Nouvelle-Zélande, du Nigeria ou même de l’Allemagne ont entraîné des scores fleuves. Figurant aujourd’hui parmi les meilleures mondiales (deux fois titrées en 2003 et 2007), les Allemandes furent balayées par les États-Unis en demi-finale (5-2) puis par la Suède en petite finale (4-0) en 1991.

Le niveau général s’est lissé au fil des éditions. La part des matchs nuls a doublé entre 1991 et 2015. Quant au nombre de rencontres remportées par un but d’écart, il représente aujourd’hui près de la moitié, contre un tiers (voire moins) jusqu’en 2007. La Coupe du monde 2011 en Allemagne a marqué une rupture : outre la moyenne de buts, cette édition a été marqué par le doublement des matchs serrés, gagnés par un but d’écart, tout en restant dans la lignée de 2007 au niveau des matchs décidés dans le dernier quart d’heure et des matchs nuls. Tendances qui se sont confirmées en 2015 au Canada.

De plus, l’édition 2011 est la première où aucune sélection n’a encaissé plus de dix buts. Cela s’est produit de nouveau en 2015, mais parce que le nombre de participants a été augmenté (de 16 à 24) et que deux nations ont découvert la compétition, non sans douleur (la Côte d’Ivoire et l’Équateur). Mais globalement, le niveau actuel des équipes nationales féminines donne lieu en grande partie à des oppositions serrées.

Jusqu’à présent, le nivellement entre les sélections a été épargné par les écueils qui ont touchés la Coupe du monde masculine. Le nombre de 0-0 est resté très faible, puisqu’il n’y en a jamais eu plus de deux par édition. La moyenne de buts a certes baissé, mais elle n’est pas tombée au niveau de celle des Coupes du monde 2006 et 2010.

Enfin, il faut reconnaître une autre vertu au Mondial féminin : il est beaucoup plus universel en termes de palmarès. Si l’Europe et l’Amérique du sud se partagent le trophée mondial chez les hommes, la Coupe du monde féminine a été remportée par le continent asiatique (Japon en 2011) et nord-américain (États-Unis à trois reprises) en plus de l’Europe (Norvège en 1995, Allemagne en 2003 et 2007). En ajoutant la finale perdue par le Brésil (2007) quatre continents ont été représentés en finale par des femmes, contre deux par des hommes. De plus, l’Afrique et l’Océanie n’ont jamais été absentes de la compétition depuis 1991.

L’attaque pour aller loin, la défense pour gagner des titres

Une évolution charnière a eu lieu en 2007 concernant les performances des meilleures attaques et des meilleures défenses. En comparant les trois éditions avant 2003 et les trois après (qui commencent donc en 2007), un changement notable apparaît. De 1991 à 1999, les équipes ayant les meilleures attaques obtenaient les meilleurs résultats. Parmi les équipes du dernier carré, cinq fois sur six la meilleure attaque a triomphé en finale ou dans le match pour la troisième place. Il n’y a que les États-Unis (1991) et la Norvège (1995) qui ont gagné en ayant aussi la meilleure défense. En revanche, depuis 2007, la meilleure attaque n’a gagné qu’une seule fois (l’Allemagne, en 2007 justement), alors que que cinq équipes championnes du monde ou troisièmes avaient la meilleure défense.

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Les sélections féminines sont tout de même globalement portées par leur attaque. Si on observe ce qu’a fait l’équipe avec la meilleure attaque, le bilan est le suivant : sept apparitions dans le dernier carré (à chaque fois donc), pour quatre titres, deux finales perdues et une quatrième place. Quant aux meilleures défenses, seules trois ont atteint les demi-finales. Mais c’est à ce stade qu’avoir une bonne défense se révèle primordial, puisque ces trois équipes sont allées en finale et deux ont remporté la compétition.

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Le football féminin à travers les continents

Sélections africaines : apprentissage difficile

Le football féminin sur le continent africain a été représenté principalement par le Nigeria et le Ghana. Le premier a été présent à chaque édition, tandis que le second a aligné trois participations entre 1999 et 2007. Mais les performances du Ghana sont loin d’être bonnes. Le bilan des sélections africaines féminines est bien moins bon que celui de leurs équivalents masculines : sur 41 matchs disputés, elles n’ont décroché que six victoires et quatre nuls, pour 31 défaites. Souvent même de grosses défaites, puisqu’elles encaissent en moyenne près de trois buts par match.

Le football féminin nigérian a évolué au fil des éditions. Dans les années 1990, la défense constituait clairement une faiblesse, compensée en partie par une attaque dotée de joueuses techniquement douées. Le point d’orgue fut atteint en 1999, où le Nigeria se qualifie pour le deuxième tour, atteignant directement les quarts de finale (à l’époque, le format de la compétition était le même que celui de l’Euro masculin à 16 équipes). Les Nigérianes tombent contre le Brésil, non sans lutter et en marquant trois buts en seconde période pour arracher la prolongation (3-4 a.p.). Passé totalement à côté de son Mondial quatre ans plus tard, le Nigeria revient en 2007 avec une tactique beaucoup plus défensive et rigoureuse. Mais souvent opposées à des équipes favorites (Suède, États-Unis, Allemagne), les Nigérianes n’ont pas pu s’extirper de leur groupe une nouvelle fois, malgré leurs progrès.

Le Cameroun a réussi à se qualifier pour les huitièmes de finale en 2015 pour sa première participation. Profitant de la présence de l’Équateur et de la Suisse pour gagner et améliorer leur différence de buts (6-0 face aux sud-américaines), les Camerounaises ont tout de même fièrement représenté le football féminin du continent. Elles n’ont perdu que d’un but face au Japon (1-2) en poules et à la Chine (0-1) en huitièmes de finale.

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Sélections sud-américaines : le Brésil seule locomotive

Alors que les équipes masculines du continent se partagent neuf titres de champion du monde, les féminines n’ont pas la même emprise sur la Coupe du monde. Globalement, le bilan de l’Amérique du Sud au Mondial féminin est comparable à celui de l’Afrique en termes de participations (12 contre 13) et de matchs joués (46 contre 41). Mais les sélections sud-américaines s’en tirent un peu mieux avec une répartition quasi équitable des victoires (19) et des défaites (21). Elles ont aussi été plus souvent qualifiées pour le deuxième tour (six fois contre deux), et ont atteint deux fois le dernier carré.

Mais en y regardant de plus près, il s’avère que les bons résultats ne sont pratiquement que le fait du Brésil. Seules à avoir atteint les demi-finales et à avoir joué une finale (2007, perdue face à l’Allemagne), les Brésiliennes comptent 18 des 19 victoires du continent. Seules les Colombiennes ont aussi remporté un match de Coupe du monde. En difficulté lors du Mondial 1991, le Brésil compose, depuis, une des sélections féminines les plus difficiles à battre et régulièrement présente parmi les favoris.

Derrière, l’Argentine, représentant important du foot masculin, affiche un bilan catastrophique chez les femmes : six défaites en autant de match sur deux participations, et un abominable ratio avec deux buts inscris pour 33 encaissés ! Quant à l’Uruguay, double vainqueur du trophée mondial chez les hommes, il n’a jamais participé à la Coupe du monde féminine. Ce qui pourrait changer à l’avenir car la Fédération uruguayenne a lancé un projet de développement et de professionnalisation du football féminin dans le pays.

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Sélections océaniennes : à la recherche d’une victoire

Qu’elle soit représentée par l’Australie (de 1995 à 2003) ou par la Nouvelle-Zélande (en 1991, puis de 2007 à 2015), la confédération océanienne de football féminin attend toujours son premier succès en Coupe du monde après 21 matchs disputés.

La perte de l’Australie suite à son rattachement à la confédération asiatique en 2006 est dommageable pour le bilan océanien puisque les Australiennes réalisent depuis de bonnes performances. Ceci dit, elles ont probablement progressé grâce, justement, à ce rattachement, leur permettant de s’améliorer au contact d’équipes de haut niveau (Chine et Japon surtout). Lorsqu’elle représentait l’OFC, l’Australie a enregistré sept défaites en neuf matchs, avec deux buts marqués pour 25 encaissés. Depuis son rattachement à l’AFC, elle totalise cinq victoires et cinq défaites en treize matchs, 20 buts marqués pour 19 encaissés. Surtout, elle s’est qualifiée systématiquement au deuxième tour, notamment en 2015 malgré la présence des États-Unis et de la Suède dans son groupe.

Désormais seule à porter l’Océanie au Mondial, les Néo-zélandaises ont affiché des progrès lors des deux dernières éditions. Leur défense, habituellement balayée (vingt buts encaissés en deux participations), est devenue plus hermétique (neuf buts), et elles ont concédé deux fois moins de défaites en 2011 et 2015 (trois) qu’en 1991 et 2007 (six). Avec un peu plus de talents offensifs, la Nouvelle-Zélande pourrait bien glaner la première victoire océanienne en Coupe du monde féminine. À condition de se qualifier en remportant la Coupe d’Océanie en décembre 2018.

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Sélections nord-américaines : l’hégémonie des États-Unis

Pilier de la renaissance du football féminin dans les années 1970 grâce aux équipes universitaires, les États-Unis ont le meilleur bilan en Coupe du monde. Jamais la sélection américaine n’a été absente du dernier carré : détentrices du record de titres (1991, 1999 et 2015), battues une fois en finale (2011) et arrivées troisième à trois reprises (1995, 2003, 2007). Les joueuses étasuniennes n’ont perdu que quatre fois en 43 rencontres de Coupe du monde !

Les États-Unis ont longtemps été seuls sur le continent nord-américain. Le niveau des sélections mexicaines et canadiennes dans les années 1990 était loin des meilleures nations mondiales. Mais depuis 2003, le Canada s’est mis au diapason de son puissant voisin. Cette année-là, les Canadiennes atteignent la quatrième place (derrière les États-Unis), en ayant battu le Japon (3-1) et surtout la Chine (1-0), finaliste quatre ans auparavant. De l’édition 2003 à celle de 2015, que le Canada a organisé, leur bilan comporte six victoires et huit défaites en 17 matchs, une moyenne de 1,3 buts marqués par match pour 1,4 buts encaissés, et deux qualifications pour le second tour (2003, 2015 4). Lors de ses deux participations en 1995 et 1999, les Canadiennes n’avaient pas gagné une seule fois et perdu quatre de leur six rencontres, encaissaient plus de quatre buts par match en moyenne. Elles n’avaient, de fait, pas passé le premier tour.

Les autres équipes de la CONCACAF n’ont toujours pas opéré leur transition. Ainsi, l’équipe féminine du Mexique n’a jamais gagné en trois participations (neuf matchs), et le Costa Rica en 2015 n’a certes concédé qu’une défaite pour sa première en Coupe du monde, mais n’a pas gagné non plus. Cependant, le rapport technique du Groupe d’étude technique (TSG) a mis en avant le fait que de nombreuses joueuses mexicaines évoluent désormais dans le championnat étasunien, ce qui augure une potentielle progression pour cette équipe.

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Sélections asiatiques : duel entre Chine et Japon

Pas tellement en vue sur la scène internationale du football masculin, la Chine et le Japon ont eu des destins croisés en Coupe du monde féminine. À la création de la compétition, c’est d’abord l’Empire du Milieu qui réalise les meilleures performances. Quarts de finalistes en 1991 à domicile, les Chinoises atteignent la quatrième place en 1995 et la finale en 1999. Pendant ce temps, la sélection japonaise concède huit défaites et un nul en neuf match, encaissant entre deux et quatre buts par rencontre.

En 2003, l’écart se resserre entre les deux équipes. Si la Chine sort encore des poules, c’est avec un attaque en panne d’efficacité et une défense pas toujours fiable. Quant au Japon, il affiche des performances beaucoup plus encourageantes. Le rapport technique du TSG met en avant le jeu offensif fluide, bien que limité par un physique défaillant contre des équipes comme l’Allemagne et le Canada. La situation se répète en 2007, puis s’inverse en 2011.

Le pays du Soleil Levant confirme ses progrès cette année-là en remportant la Coupe du monde face aux États-Unis lors des tirs au but (2-2 a.p., 3-1 t.a.b). La Chine de son côté, ne concoure même pas en 2011. Quatre ans plus tard, les Japonaises rééditent lors performances jusqu’en finale avec un parcours sans faute (six victoires en six matchs, neuf buts marqués pour trois encaissés), avant de chuter lourdement face aux Américaines (2-5). La Chine, revenue dans la compétition, s’arrête en quarts de finale, en ayant perdu deux de ses cinq matchs.

Outre l’Australie, qui a sensiblement amélioré ses performances suites à son rattachement à l’AFC en 2006, on peut signaler le cas de la Corée du Nord. D’abord parce qu’étonnamment, la sélection féminine nord-coréenne a plus souvent figuré en Coupe du monde que sa voisine du Sud (quatre participations contre deux). De plus, son bilan est légèrement meilleur, avec 23 % de victoires (contre 13 %), une attaque qui tourne à presque un but par match de moyenne (contre 0,7) et une défense qui encaisse moins de deux buts (contre 2,8). Cependant, la suspicion est de mise, car deux joueuses avaient été contrôlées positives aux stéroïdes lors de la Coupe du monde 2011, entraînant leur bannissement de le Coupe d’Asie 2014.

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Sélections européennes : à la fin, ce ne sont pas toujours les Allemandes qui gagnent

Très rarement décevante en Coupe du monde chez les hommes, l’Allemagne a établi la même règle chez les femmes. En sept participations, la Mannschaft der Frauen ne s’est arrêtée que deux fois en quarts de finale (1999, 2011). Elle compile deux quatrièmes places (1991, 2015), une finale perdue (1995) et deux titres de champion du monde (2003, 2007). Mais contrairement au football masculin, où l’équipe d’Allemagne partage son hégémonie continentale avec l’Italie, l’Espagne et la France, le centre de gravité du football féminin européen est situé plus au Nord.

Car derrière l’Allemagne, on retrouve d’abord la Norvège et la Suède. La première était très en vue dans les années 1990, avec une finale perdue en 1991 face aux États-Unis puis un titre de champion du monde quatre ans plus tard face à l’Allemagne. Lors de cette Coupe du monde, la Norvège réalise un parcours parfait : six victoires en autant de matchs, 23 buts marqués pour un seul concédé. Les Norvégiennes atteignent ensuite deux fois les demi-finales (1999, 2007), mais échouent à la quatrième place. Cependant, l’équipe a perdu de son influence ces dernières années, éliminée dès le premier tour en 2011 et en huitièmes de finale en 2015. Cela s’est confirmé à l’Euro 2017, où la Norvège a concédé trois défaites en poules, sans marquer le moindre but.

La Suède est l’autre sélection scandinave importante dans le football féminin, mais de façon irrégulière. Troisième devant l’Allemagne en 1991, les Suédoises enchaînent deux éliminations en quarts, avant d’atteindre la finale, contre l’Allemagne de nouveau, en 2003. Éliminée au premier tour en 2007, la Suède bat la France pour la troisième place en 2011. La dernière édition en 2015 a été ratée, puisque les Suédoises n’ont pas gagné le moindre de leur match de poules.

La baisse des performances des pays scandinaves va de paire avec l’émergence d’autres pays comme la France et l’Angleterre. Cette dernière n’avait pas vraiment brillé en 1995, même si elle est sortie de son groupe. Quant à la France, elle n’a découvert la Coupe du monde qu’en 2003. Mais depuis 2011, les deux équipes ont fait leur entrée dans la cour des grandes. Cette année-là, les Anglaises sortent de leur groupe et ne dépassent pas les quarts de finale, mais elles sont éliminées sans perdre un seul match (élimination aux tirs au but). Et elles sont éliminées par… la France, qui va elle jusqu’en demi-finale. Encore un peu tendres pour ce niveau, les Françaises sont battues par les États-Unis (1-3), puis la Suède (1-2) dans la petite finale. En 2015, elles chutent face à l’Allemagne aux tirs au but, mais leur bilan est très bon avec trois victoires et une défaite en cinq matchs et une différence de buts de +7. Les Anglaises, de leur côté, confirment leurs progrès puisqu’elles terminent à la troisième place.

L’Italie et l’Espagne sont eux très en retard au niveau du football féminin, et les performances de leur sélection en Coupe du monde s’en ressentent. Si l’Italie compte deux participations avec un bilan équilibré (trois victoires, un nul, trois défaites) et une qualification en quarts de finale en 1991, elle n’a plus participé depuis 1999. Le développement du football féminin italien est freiné par l’impossibilité pour les joueuses d’avoir un statut professionnel. Quant à l’Espagne, elle est apparue en 2015 à la faveur de l’élargissement la compétition de 16 à 24 participants. Mais la Roja n’a pas marqué les esprits par ses performances, mais par une polémique sur les méthodes (ou plutôt l’absence de méthodes) et le machisme de leur sélectionneur.

En revanche, les Pays-Bas pourraient émerger dans les années à venir. Pas ridicule en 2015, ayant réussi à s’extirper d’un groupe où figuraient le Canada et la Chine, les Néerlandaises ont remporté l’Euro 2017 chez elles. En prime, en éliminant notamment l’Angleterre et la Suède, tout en pratiquant un football offensif inspiré des grandes heures du football total de l’Ajax Amsterdam des années 1970.

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Les grandes buteuses de la Coupe du monde

La Brésilienne Marta, dont l’influence sur son sport a été comparée à celle de son compatriote Pelé, est seule meilleure buteuse de la Coupe du monde avec 15 buts. Soit autant que son homologue Ronaldo chez les hommes, dépassé par l’Allemand Miroslav Klose (16 buts). Derrière l’Allemagne place trois joueuses parmi les dix meilleures buteuses, les États-Unis et la Norvège deux, la Chine et le Canada une. On note que trois milieux de terrain figurent parmi ce top 10, alors que chez les hommes il est presque exclusivement composé d’attaquants (Thomas Müller, à égalité avec dix buts, est la seule exception). Certaines de ces joueuses ont aussi été élues Ballon d’Or de la compétition (Marta en 2007, Birgit Prinz en 2003, Sun Wen en 1999, Hege Riise en 1995). L’Allemande Célia Šašić (huit buts), la Brésilienne Christiane (sept buts) ou encore la Française Marie-Laure Delie (cinq buts) pourraient entrer dans les dix meilleures buteuses en 2019.

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Mention particulière à Bettina Wiegmann, milieu de terrain allemande des années 1990, qui a marqué huit de ses onze buts sur penalty, un record en Coupe du monde. Les plus régulières sont Michelle Akers et Ann Kristin Aarones, qui avaient en moyenne besoin de moins de 90 minutes pour trouver le chemin des filets.

Elles figurent toutes les deux dans le top 10 des buteuses les plus régulières, parmi celles ayant marqué plus d’un but et disputé plus d’un match en Coupe du monde. La plus prolifique par rapport au nombre de minutes passées sur le terrain est pour l’instant la Néerlandaise Kirsten Van de Ven avec un but marqué toutes les 28 minutes en moyenne. Les Norvégiennes sont très présentes dans ce classement, notamment les joueuses championnes du monde en 1995 avec leur attaque de feu. On retrouve également deux joueuses importantes : Sissi, qui faisait les beaux jours du Brésil avant l’avènement de Marta et qui fut Soulier d’Or de la Coupe du 1999 avec sept buts (égalité avec Sun Wen), et Carin Jennings, membre de la sélection américaine championne du monde en 1991 et élue Ballon d’Or de la compétition.

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Cap sur la France en 2019

Du 7 juin au 7 juillet 2019, la France recevra la huitième Coupe du monde féminine. L’occasion pour les Bleues, peut-être, de rééditer les performances de leurs collègues masculins en 1998. L’Allemagne et les États-Unis seront encore favoris, même si les Américaines ont loupé leur tournoi olympique (éliminées en quarts par la Suède). Il sera intéressant de voir comment se comporte l’Angleterre et les Pays-Bas, très en vue en 2017, et où en sont la Norvège et la Suède.

Les éliminatoires de la zone Europe s’achèveront le 13 novembre 2018. La Coupe d’Asie et la Copa America se sont jouées en avril. La Gold Cup et la Coupe d’Océanie auront lieu en octobre. Enfin, la Coupe d’Afrique aura lieu du 17 novembre au 1er décembre. Ce sont les résultats de ces compétitions qui détermineront les qualifiées, puisque seule l’Europe organise des éliminatoires spécifiques. De quoi s’occuper entre les deux Coupes du monde !

Notes

(1) Elle s’en excusera d’ailleurs en 2008, 37 ans après avoir levé l’interdiction.

(2) En excluant Orobosan Adun en 2009, décédé suite à une agression lors d’un entraînement, et Davide Astori, décédé le 4 mars 2018 d’une crise cardiaque à son hôtel.

(3) Des compétitions remportées par l’Italie à trois reprises, par le Danemark et l’Angleterre deux fois chacun.

(4) Le Canada est cependant passé à côté du Mondial 2011 avec trois défaites, un but marqué pour sept encaissés.

Crédits photos :

Pixabay, KleeKarl, Stade Olympique de Berlin, Licence CC0

Flickr, joshjdss, England Women’s Vs USA, Licence CC2.0

Wikipedia Commons, Ann Odong, Dzsenifer-marozsan-2016-olympics, Licence CC0

Wikipedia Commons, Soccerfan1996, Alex Morgan 2016, Licence CC4.0

Wikipedia Commons, NatiSythen, FFWM2011 FRA-GER 20110705 imBorussiapark, Licence CC3.0

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