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Coupe du monde 2018

France-Argentine : les clés du match

Première de son groupe sans convaincre, l’équipe de France va trouver sur sa route l’Argentine de Lionel Messi, deuxième de sa poule à l’arrachée, en huitièmes de finale. Une perspective qui est peut-être un mal pour un bien en faveur des Bleus.

Des Bleus solides, mais inoffensifs

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Certes, contre des adversaires sans armada offensive, ou décidé à ne pas vraiment attaquer comme le Danemark lors du dernier match, la défense des Bleus aborde les huitièmes de finale avec un seul but encaissé. Sur penalty, qui plus est. Dans le jeu, la France a fait preuve d’une solidité indéniable, en dehors de quelques errements contre l’Australie. La charnière centrale Umtiti-Varane est montée en puissance entre le premier et le deuxième match, et Varane a été à nouveau très bon contre le Danemark, associé avec Kimpembé. Samuel Umtiti, dans le dur contre l’Australie (38 % de duels gagnés et un penalty grossièrement concédé), a rehausser son niveau face au Pérou (88 % de duels remportés)

Au milieu, la paire Kanté-Pogba est assez complémentaire. Le premier effectue un important travaille de récupération, qui constitue la première lame de la défense tricolore. N’Golo Kanté est le meilleur joueur de cette Coupe du monde au nombre de ballons récupérés. Quant à Paul Pogba, il est clair que l’on peut attendre un peu plus d’un joueur qui fut aussi brillant il y a quelques saisons. Néanmoins, le joueur de Manchester United affiche de bonnes Pogstats. Si son jeu de passes n’est pas aussi propre que celui de Kanté, c’est parce qu’il tente des passes plus risquées : 69 % de ses passes vont vers l’avant, et 36 % ciblent les trente derniers mètres adverses, contre 20 % pour Kanté. Lui aussi chahuté par les Australiens (33 % de duels gagnés), la Pioche a tenu le coup contre les Péruviens (66 %). Avec 16 récupérations, il a également joué son rôle dans l’assise défensive des Bleus. D’autant qu’il a tendance a récupérer le ballon plus haut que Kanté, comme face au Pérou lorsqu’il lance dans la foulée Giroud, dont la frappe contrée permet à Kylian Mbappé d’ouvrir le score.

L’apport offensif de Pogba est d’autant plus appréciable que la France n’arrive pas à développer un jeu d’attaque convaincant. Les latéraux tout d’abord, ont rarement proposé des centres. Malgré l’absence de Giroud au coup d’envoi contre l’Australie, Pavard et Hernández ont plus centré lors de ce match (quatre fois, avant que Giroud entre) que face au Pérou (un seul centre). Face au Danemark, Sidibé, Hernández et Mendy ont tenté quinze centres. En trois matchs, les latéraux n’ont donc effectué que vingt centres, soit trois chacun par match en moyenne. Mendy, qui a le plus tenté sa chance dans ce domaine, sera forfait samedi. De plus, très peu ont été dangereux. La France figure à la dernière place au niveau de la réussite des centres, puisque seulement 12 % ont atteint un coéquipier sur l’ensemble des tentatives.

L’attaque des Bleus n’a pu marquer que trois buts, dont un seul dans le jeu (avec un penalty et un csc). Systématiquement remplacé à dix ou vingt minutes du terme, Antoine Griezmann symbolise les difficultés offensives de la France. Il ne figure qu’à la 18e place au nombre moyen de tirs (3/match) et au 112e rang pour les dribbles réussis (1/match). Mais au fond, aucun joueur offensif n’a vraiment donné satisfaction : assez imprécis devant le but (45 % de tirs cadrés), pas supérieurs dans les duels (50 % de réussite) et souvent incapable de combiner (moins de deux passes clés-passes amenant à un tir-par match et par joueur). Tel est le bilan cumulé de Griezmann, Giroud, Mbappé et Dembele.

L’Argentine de Messi ?

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Décisif lors du dernier match contre le Nigeria, Lionel Messi est au centre du jeu argentin. Redoutable par sa capacité de dribbles (74 % de réussite), Messi est la source principale de danger- il totalise 14 frappes et sept passes clés. Cependant, l’homme aux 65 buts en 127 sélections peut aussi être une faiblesse de son équipe. D’abord, ses nombreux tirs ont rarement été cadrés depuis le début du tournoi. De plus, Lionel Messi reste bien moins prolifique en Coupe du monde que dans toutes autres compétitions : il a marqué en moyenne toutes les 255 minutes, et jamais en phase à élimination directe jusqu’à maintenant.

Avec cinq buts concédés en trois rencontres, la défense argentine ne présente pas du tout les mêmes gages de solidité que celle des Bleus. Néanmoins, même au milieu du désastre contre la Croatie, un défenseur a surnagé, Nicolas Otamendi. Le joueur de Manchester City a gardé une bonne solidité dans les duels, ainsi qu’une efficacité dans ses tacles et une propension à récupérer pas mal de ballons, le tout en faisant très peu de fautes.

Un des points qui peut devenir crucial dans ce huitième de finale, c’est la relative faiblesse du côté gauche argentin. Entre Ángel Di María, Maximiliano Meza et Marcos Acuna, aucun joueur aligné sur le flanc gauche n’a véritablement convaincu. Si Meza a montré un peu plus, notamment dans sa capacité d’élimination, il reste plus à l’aise à droite. Quant à Di María, étincelant en 2014, il n’a pas réussi grand-chose dans ce Mondial. En défense, Nicolas Tagliafico a lui aussi montré quelques signes de faiblesse lorsqu’il a joué latéral gauche (il était dans une défense à trois contre la Croatie). Face à un Mbappé qui a pour l’instant un bilan positif dans ses duels et ses tentatives de dribbles, cela peut être exploité.

Les points clés de l’opposition France-Argentine

Dans ce huitième de finale, la France aura l’obligation de montrer plus offensivement. Il y a tout intérêt, étant donné que la défense argentine est capable de prendre l’eau. Il faudra pour cela montrer un peu plus d’entente entre les joueurs offensifs : le circuit de passes préférentielles entre les quatre offensifs est entre Antoine Griezmann et Kylian Mbappé, et ils n’ont échangé que dix passes en 216 minutes passées ensembles sur le terrain. Contre le Danemark, Grizou et Dembele ont échangé dix passes, pour le résultat flamboyant que l’on connaît.

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Côté argentin, la clé principale s’appelle bien sûr Lionel Messi. La capacité de la défense française à museler la Pulga sera déterminante, car il peut littéralement faire la différence à tout moment. Avec 166 passes reçues, il est clairement celui que recherche ses partenaires. Le travail de récupération de Kanté et de Pogba, ainsi que Matuidi -si l’option d’un milieu à trois est choisie- sera déterminant. La France a d’ailleurs un coup à jouer dans ce domaine, car le milieu argentin n’est pas aussi productif à la récupération. Mascherano, Biglia, Banega et Perez (blessé) ont totalisé 26 récupérations, soit trois de moins que N’Golo Kanté seul. Javier Mascherano illustre bien les difficultés du milieu de l’Albiceleste, lui qui n’a remporté que 44 % de ses duels. Aux Bleus d’en profiter pour poursuivre leur route vers un deuxième sacre de champion du monde.

Crédit photo :

Pixabay, stux, Coupe du monde Russie 2018, Licence CC0 1.0

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