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Infographies World Cup Project

Majeur, vacciné et meilleur jeune de la Coupe du monde

World Cup Project #5. Devenue une récompense officielle seulement depuis 2006, la FIFA désigne depuis 1958 le meilleur jeune joueur de chaque Coupe du monde. Il s’agit du meilleur joueur parmi ceux âgés de 21 ans maximum au moment du tournoi.
Vous pouvez voter pour votre favori en 2018 à la fin de cet article

À l’approche du terme de la Coupe du monde 2010, quatre joueurs sont dans un mouchoir pour recevoir les honneurs individuels de la compétition : le Néerlandais Wesley Sneijder, l’Espagnol David Villa, l’Uruguayen Diego Forlán et l’Allemand Thomas Müller. Tous les quatre sont allés jusqu’aux demi-finales, et ont inscrit cinq buts pour leur équipe.

Finalement, tous (presque) sont satisfaits, puisque Forlán est désigné Ballon d’Or Adidas, Thomas Müller est choisi comme meilleur buteur, grâce à son nombre de passes décisives supérieur, et David Villa est champion du monde. Wesley Sneijder, lui, ne gardera rien de cette année 2010 à titre individuel malgré ses excellentes performances. Il échoue même au pied du podium du Ballon d’Or cette année-là, terrassé par le changement du mode d’attribution suite au partenariat entre France Football et la FIFA.

En plus d’être le Soulier d’Or de la compétition, Thomas Müller remporte aussi le trophée de meilleur jeune joueur Hyundai, du haut de ses 20 printemps, prolongeant ainsi la lignée des Müller fameux du football germanique (après Gerd, Dieter et Hansi 1). Cette récompense, remise sous la forme d’un trophée officiel depuis 2006 (pour info, sponsorisé à l’époque par Gillette), existe depuis 1958 2.

Un palmarès plus ouvert

Les quinze lauréats du titre de meilleur jeune joueur ont des profils beaucoup plus variés que les élus du Ballon d’Or Adidas. Si on compare les deux palmarès depuis 1982, la distinction de meilleur jeune a été décernée à un défenseur, cinq milieux de terrain et trois attaquants, contre huit attaquants et un gardien de but. D’autre part, là où le titre de meilleur joueur n’a récompensé que des finalistes ou des vainqueurs de la compétition, à une seule exception en 1990, les meilleurs jeunes ont vécu des fortunes diverses, de l’élimination au premier tour à la victoire finale.

Un seul a été champion du monde, un autre fut finaliste, trois finirent troisièmes et trois à la quatrième place, cinq s’arrêtèrent en quarts de finale, un en huitième de finale et un ne vit même pas le deuxième tour.

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De jeunes internationaux prometteurs

Malgré leur jeune âge, les lauréats disposaient dans l’ensemble d’une petite expérience internationale, avec une dizaine de sélections en moyenne avant le début de la Coupe du monde. Si la plupart n’avait rien gagné avec leur sélection auparavant, ils sont une majorité à l’avoir fait dans la suite de leur carrière (9 sur 15). Tous ont eu une carrière internationale très aboutie suite à leur titre de meilleur jeune (79 sélections en moyenne), cinq remportant même une ou plusieurs Coupe(s) du monde plus tard (Pelé, Franz Beckenbauer, Antonio Cabrini, Lukas Podolski et Thomas Müller 3)

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Déjà quelques saisons en club dans les jambes

La grande majorité des lauréats avait joué plus d’une saison pleine avec leur club avant la Coupe du monde. Seuls quatre d’entre eux n’avaient qu’une saison en tant que titulaires derrière eux (Pelé, Manuel Amoros, Michael Owen et Thomas Müller). Pour la plupart, ils avaient déjà remporté un titre (9 sur 15). Mais leur palmarès va s’étoffer grandement après l’année de leur titre de meilleur jeune joueur de la Coupe du monde, puisqu’ils en ont remporté dix en moyenne. Aucun n’a gagné moins de quatre trophées dans sa carrière. Tous les lauréats n’auront donc pas été des étoiles filantes et ont confirmé leur statut d’espoirs du football. Si seulement Hatem Ben Arfa l’avait eu…

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Différents postes, différents profils

Les défenseurs

Les trois défenseurs lauréats se sont suivis au palmarès entre 1974 et 1982. Leur première particularité est qu’ils découvraient à peine le niveau international au moment de la Coupe du monde. Ils ne comptaient que deux sélections en moyenne, Antonio Cabrini n’ayant même jamais joué avec la Squadra Azzura avant le Mondial 1978 (comme ce sera le cas douze ans plus tard pour Salvatore Schillaci, pourtant élu meilleur joueur). Il était en revanche le seul à avoir gagné des titres avec la Juventus Turin. Tous trois ont connu une carrière riche en club par la suite avec en moyenne 444 matchs disputés, 33 buts marqués (surtout par Cabrini et Amoros qui étaient latéraux) et sept titres remportés. Au niveau international, leur réussite juvénile en Coupe du monde leur a permis d’ajouter en moyenne 80 sélections, et de gagner des titres internationaux (le Mondial 1982 pour Cabrini, l’Euro 1984 pour Amoros).

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Les milieux de terrain

Les meilleurs jeunes de la Coupe du monde qui évoluaient dans l’entre-jeu (six) étaient déjà un peu plus accomplis. Outre leur dizaine de sélections en équipe nationale, ils avaient déjà deux titres au moins dans leur armoire à trophées, gagnés avec leur club. Franz Beckenbauer est le seul à n’en avoir qu’un en 1966 (et oui, il jouait au milieu à cette époque), mais aucun n’avait un palmarès vierge. Exception faite de Thomas Müller, tous les milieux lauréats avaient au moins deux saisons en tant que titulaires derrière eux, avec en moyenne 97 matchs joués. La plupart avaient la capacité de se projeter vers l’attaque et de marquer, puisqu’ils ont marqué en moyenne deux buts dans le Mondial dont ils ont été élus meilleur jeune. De plus, ils ont en moyenne marqué plus de cent buts dans leur carrière toutes compétitions confondues.

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Les attaquants

Les attaquants élus meilleurs jeunes joueurs de la Coupe du monde sont des phénomènes du football. En moyenne, ils comptaient déjà seize sélections et avaient marqué sept buts. Qu’ils aient ou non déjà joué plus d’une saison pleine dans leur carrière, ils avaient globalement disputés moins de rencontres (67) que les lauréats des autres postes. Cependant, ils avaient marqué en moyenne 44 buts avec leur club, soit plus d’un but tous les deux matchs. Seuls Pelé et Landon Donovan avaient gagné des titres avant la Coupe du monde. Les attaquants lauréats étaient donc plus précoces au moment d’aborder le Mondial. Par la suite, ils sont ceux qui ont gagné le plus dans leur carrière post-Coupe du monde (11 titres en club en moyenne, contre 10 pour les milieux et 6 pour les défenseurs). Ils ont aussi joué plus de matchs internationaux (88 en moyenne) et marqué naturellement plus de buts (33, 44 en comptant l’extraterrestre Pelé).

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Qui pour succéder à Paul Pogba ?

Déterminer des favoris au titre de meilleur jeune joueur de la Coupe du monde 2018 est un exercice moins facile que pour le Ballon d’Or Adidas. Car ce dernier est attribué à des joueurs qui ont atteint au moins les demi-finales, tandis que le meilleur jeune peut être élu quelque soit le parcours de son équipe. Cependant, un joueur a plus de chance d’être désigné s’il joue plus de trois matchs, car depuis 2006 la sélection est faite en partie grâce au plébiscite des spectateurs. Voici quelques joueurs, âgés de moins de 21 ans au 1er janvier 2018, qui pourraient donc devenir le meilleur jeune de la Coupe du monde en Russie.

Gabriel Jesus (Brésil) 20 ans. Titulaire avec Manchester City depuis le début de la saison et auteur de deux belles saisons avec Palmeiras, Gabriel Jesus est peut-être le favori à la course au titre, du haut de ses treize sélections et sept buts avec la Seleção. Cependant, sa santé est à surveiller puisqu’il souffre de blessures à répétition. Probabilité d’être élu : 90 %.

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Kylian Mbappé (France) 19 ans. L’équipe de France de 2018 regorge de jeunes joueurs talentueux (Tolisso, Lemar, Kimpembe) dont plusieurs ont l’âge requis pour être élu meilleur jeune (Dembélé, Coman). Parmi eux, Kylian Mbappé est probablement le plus à même de décrocher le titre de meilleur joueur. Déjà parce qu’il est titulaire avec son club, ce qui n’est pas le cas de tous ses concurrents en équipe de France. Ensuite, parce qu’il a déjà su séduire le public et les observateurs du football la saison passée par son jeu. Bien qu’il n’ait pas encore tout à fait confirmé son statut de pépite au niveau international, il pourrait choisir le meilleur moment pour le faire en Russie. Probabilité d’être élu : 80 %.

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Marcus Rashford (Angleterre) 20 ans. Tel Michael Owen en 1998, Marcus Rashford pourrait se manifester lors de la Coupe du monde. Un but extraordinaire contre l’Argentine en huitièmes de finale avait pratiquement suffi au joueur de Liverpool pour être élu meilleur jeune. L’attaquant de Manchester United a pris part à 104 rencontres pour 28 buts, a joué quinze fois et a inscrit deux buts pour l’équipe d’Angleterre. Il a déjà remporté la Coupe anglaise et la Coupe de l’UEFA. Probabilité d’être élu : 65 %.

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Youri Tielemans (Belgique) 20 ans. Plus jeune joueur de l’effectif belge actuel, Youri Tielemans a plusieurs arguments à faire valoir dans la course au titre de meilleur jeune joueur de la Coupe du monde 2018. D’abord, son nombre de sélections correspond à peu près à celui de ses prédécesseurs à son poste. Mais surtout il a déjà joué plus de 200 matchs dans sa jeune carrière et il marque assez régulièrement pour un milieu, ce qui en fait un candidat sérieux. En outre, il a remporté quatre trophées, dont deux championnats belges avec Anderlecht. En revanche, un doute subsiste : sera-t-il du voyage, et si oui, sera-t-il titulaire ? Rien n’est moins sûr car il n’a pas une place indiscutable dans le onze monégasque cette saison, et que la concurrence est féroce en équipe nationale (Nainggolan, Witsel, Defour, Dembélé, voire Fellaini). Mais après tout, Michael Owen aussi a débuté la Coupe du monde 1998 sur le banc… Probabilité d’être élu : 60 %.

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Amine Harit (Maroc) 20 ans. Si le Maroc parvient à s’extraire de son groupe, Amine Harit pourrait tirer son épingle du jeu. Son profil serait assez atypique par rapport aux précédents lauréats à son poste, car son expérience internationale est encore très limitée. De plus, il est encore loin des cent matchs joués en club et marque assez peu. Mais si le Maroc sort de son groupe relevé, il y a fort à parier qu’Amine Harit n’y sera pas totalement étranger. Probabilité d’être élu : 35 %.

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Mentions spéciales

Gonçalo Guedes (Portugal) 21 ans. Qu’il soit aligné au milieu ou en attaque (ce qui fut plus souvent le cas avec le Portugal), Gonçalo Guedes a les moyens de briller. S’il ne compte que cinq matchs avec la sélection, il a déjà pris part à une centaine de matchs et c’est un milieu qui marque, plus que que son compatriote Renato Sanches, aussi en âge de concourir. Son palmarès est déjà bien rempli, même s’il faut admettre qu’il a joué un rôle (très) mineur avec le PSG. Sa très bonne saison du côté de Valence peut cependant lui ouvrir le droit à une place dans le onze portugais, au milieu ou en attaque aux côtés de Cristiano Ronaldo.

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Giovani Lo Celso (Argentine) 21 ans. S’il parvient à se faire une place dans le milieu de terrain entre Lucas Biglia, Enzo Pérez, Éver Banega ou encore Javier Pastore, pourquoi pas Giovani Lo Celso ? Bien que manquant encore de référence international, le jeune argentin a des qualités et cela commence même à se voir au PSG où il enchaîne les matchs depuis quelques semaines. À confirmer dans la durée cependant pour espérer s’imposer avec l’Albiceleste.

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Chidozie Awaziem (Nigéria) 21 ans. Né le 1 janvier 1997, Chidozie Awaziem devrait ne pas être éligible à un jour près ! Parmi l’armada de la jeunesse nigériane (six joueurs de l’effectif ont 21 ans ou moins), le défenseur pourrait se distinguer. Chidozie Awaziem est prêté au FC Nantes par le FC Porto, et il a joué 17 matchs dont 12 comme titulaire cette saison. Blessé depuis la fin du mois de janvier, le Super Eagle devrait être du voyage en Russie, où sa polyvalence en défense sera un atout potentiel.

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Notes :

(1) Aucun lien de parenté n’existe entre ces joueurs.

(2) Les meilleurs joueurs de la Coupe du monde étaient aussi désignés avant la création du Ballon d’Or Adidas en 1982. Nous avons étendu l’étude du palmarès des meilleurs jeunes car les étudier seulement depuis 2006 n’aurait pas été pertinent.

(3) Les palmarès et les statistiques sont arrêtés au 20 février 2018 pour les joueurs encore en activité.

Crédit photo :

Flickr, Global Panorama, Paul Pogba, Licence CC 2.0

6 réflexions au sujet de “Majeur, vacciné et meilleur jeune de la Coupe du monde”

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