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Infographies World Cup Project

Bilan en Coupe du monde : l’Océanie, ou l’exploit permanent

World Cup Project #10. Grande oubliée dans le concert du football mondial, la Fédération océanienne de football (OFC) n’a que rarement figuré en Coupe du monde. Il faut dire que les sélections océaniennes ont fort à faire pour ne serait-ce que se qualifier.

Il faut l’avouer, dresser le bilan des sélections océaniennes en Coupe du monde depuis 1930 ne demande pas un grand travail. Parce qu’en vingt éditions de la compétition mondiale, celles-ci n’ont participé que… quatre fois. L’Australie fut la première à apparaître en 1974, suivie de la Nouvelle-Zélande en 1982. Il faut attendre 24 ans et la Coupe du monde 2006 pour retrouver l’Australie, qui se qualifie pour la dernière fois en tant qu’équipe océanienne, avant de rejoindre la confédération asiatique. Pour la première fois, l’OFC enchaîne deux qualifications à deux Coupes du monde consécutives, puisque la Nouvelle-Zélande participe au Mondial sud-africain. Série qui s’arrête là, l’Océanie étant absente au Brésil en 2014. Elle ne fera pas son retour cette année, le Pérou ayant défait les Néo-zélandais en barrage (0-0, 2-0).

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Bilan pauvre mais équipes séduisantes

Pour sa première Coupe du monde en 1974, l’Australie doit faire face aux deux Allemagnes (RFA et RDA) et au Chili dans son groupe. Auteurs de bonnes performances en éliminatoires, avec 21 buts marqués en onze matchs, dépassés par la RFA au premier match (0-3), les Australiens résistèrent près d’une heure à la RDA (0-2), avant d’obtenir le nul dans un match crucial pour le Chili (0-0).

Huit ans plus tard, c’est la Nouvelle-Zélande qui attaque la Coupe du monde avec un jeu ouvert et plaisant : 44 buts inscris et 10 encaissés lors des 15 rencontres en éliminatoires. Face à l’Écosse, l’Union soviétique et le Brésil, les Néo-zélandais garde cette tendance au jeu ouvert. Cela ne lui réussi pas vraiment contre des adversaires bien plus forts, par rapport à un effectif semi-professionnel : trois défaites et 12 buts encaissés. Cette Coupe du monde a révélé celui qui sera désigné meilleur joueur océanien du siècle, Wynton Rufer. Les plus jeunes ont pu le connaître lorsqu’il a fait partie du XI de Légende du jeu FIFA 11. Les autres se souviendront de sa carrière en Europe, au FC Zurich après la Coupe du monde 1982 et surtout au Werder Brême (1989-1995), où il fut champion d’Allemagne (1993), double vainqueur de la coupe nationale (1991,1994), de la Coupes des coupes (1992) et meilleur buteur de la Ligue des Champions 1994 (8 buts).

Après 24 ans d’absence, l’Océanie fait son retour en Coupe du monde de bel manière. Pour la première fois, une équipe de l’OFC, l’Australie en l’occurrence, se qualifie au deuxième tour. Avec une équipe solide organisée préférentiellement en 3-5-2, et des joueurs de qualité tels que Tim Cahill, Mark Bresciano, Harry Kewell et Mark Viduka, l’Australie devance le Japon et la Croatie, derrière le Brésil. En huitième de finale face à l’Italie, l’Australie ne chute qu’à la faveur d’un penalty, accordé dans les arrêts de jeu.

Lors de la dernière apparition de l’OFC en Coupe du monde, la Nouvelle-Zélande tombe dans un groupe loin d’être celui « de la mort » avec l’Italie, le Paraguay et la Slovaquie. Même si ces équipes sont toutes plus fortes sur le papier. Surtout contre un effectif comptant deux joueurs sans club, douze évoluant au pays ou en Australie et un seul jouant dans un championnat de première division du Big Five européen (le capitaine Ryan Nelsen en Angleterre, à Blackburn Rovers). Contrairement à l’équipe de 1982, la Nouvelle-Zélande de 2010 se repose principalement sur un bloc défensif, qui lui permet d’obtenir trois nuls. Pas ridicule, mais insuffisant pour dépasser le premier tour.

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Le chemin de croix vers le Mondial

Si le bilan des sélections de la confédération océanienne en Coupe du monde est famélique, c’est en partie dû au niveau de ses équipes. Abandonnée par l’Australie en 2006, l’OFC manque de membres puissants. Derrière les deux leaders continentaux, on retrouve Tahiti, seul vainqueur de la Coupe d’Océanie autre que l’Australie et la Nouvelle-Zélande depuis 1973. Présent lors de la Coupe des Confédérations en 2013, les limites de Tahiti, portée à l’époque par Marama Vahirua, ont été assez criantes. La faible densité de population, les difficultés logistiques liées à la géographie (îles plus ou moins éloignées) freinent le développement d’un football professionnel compétitif.

Mais malgré cela, une forme d’injustice demeure : l’OFC est la seule confédération à ne pas avoir de place directement qualificative pour la Coupe du monde. La première apparition d’une équipe océanienne en éliminatoires ne datent que de 1965, pour le Mondial 1966. La formule prévoyait que l’Asie, l’Afrique et l’Océanie effectueraient leur parcours parallèlement, avant un dernier match opposant le vainqueur de la zone Afrique et celui de la zone Asie/Océanie. Ulcérées par ce choix de la FIFA, les sélections africaines déclarèrent toutes forfaits, et la place unique se joua entre la Corée du Nord et l’Australie en match aller-retour (6-1, 1-3). Si l’Afrique a eu droit à ses éliminatoires propres dès la Coupe du monde 1970, l’Océanie a dû attendre 1986 pour être séparée de l’AFC.

Depuis ces éliminatoires, les équipes océaniennes doivent, après avoir remporté les qualifications de leur zone, affronter en barrage une sélection d’un autre continent. De fait aujourd’hui, l’Afrique a cinq places qualificatives et l’Asie entre quatre et cinq, car une place se joue en barrage avec l’Amérique du Nord et les Caraïbes. Ces barrages opposent des équipes au niveau relativement proche. En revanche, les sélections d’Océanie sont opposés à des confédérations différentes, le plus régulier étant la confédération sud-américaine (1990, 2002, 2006 et 2018), dont les équipes sont globalement plus fortes.

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Certes, la saveur de la compétition mondiale repose en partie sur un certain élitisme, qui assure au maximum de réduire les écarts de niveaux. Et comme le prouve l’exemple de l’Afrique, augmenter le nombre de places qualificatives pour une confédération n’assure pas des progrès dans les performances des sélections concernées. Cependant, est-il normal que l’OFC ne dispose pas d’au moins une place directe pour une équipe, au même titre que tous les autres continents ? À partir de 2026, la Coupe du monde se jouera à 48 équipes et l’Océanie aura une place directe plus une à disputer en barrage.

Mais il n’était pas nécessaire d’en arriver là : avec moins de participants, la Coupe du monde féminine a toujours alloué une place à toutes les confédérations, notamment en qualifiant d’office les champions continentaux.

Crédits photos :

Flickr, Doc Searls, 2015_05_17_ewr-lax-akl-wlg_073, Licence CC 2.0

Wikipedia Commons, Кирилл Венедиктов, Cameroon vs Australia (1-1). FIFA Confederations Cup 2017, Licence CC 3.0

Wikipedia Commons, Кирилл Венедиктов, New Zealand VS. Portugal 0 – 4, 24 June 2017, Licence CC 3.0

Wikipedia Commons, Camw, Harry Kewell representing the Australian national football team against Paraguay at the Sydney Football Stadium, Licence CC 3.0

Wikipedia Commons, Oleg Bkhambri, Tim Cahill at the 2017 Confederations Cup, Licence CC 4.0

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